Le château de Chambord visible au loin, au-dessus des vignes.
Le château de Chambord visible au loin, au-dessus des vignes.

Chambord, plus grand château de la Renaissance, va célébrer l’an prochain en majesté ses 500 ans avec neuf chantiers originaux, restituant l’esprit d’un projet fabuleux et allant de la restauration de ses lanternes à la production de vin.

L’objectif de ces initiatives est d’offrir les « clés de lecture » de Chambord tel que pensé par François Ier et par l’architecte génial qui l’a inspiré, Léonard de Vinci, a expliqué mercredi à la presse Jean d’Haussonville, directeur général du Domaine national de Chambord.

Le 2 mai 1519, le Grand maître de la Renaissance italienne s’éteignait à Amboise, quelques mois avant le début de la construction. Une ordonnance royale marquait le 6 septembre le lancement du chantier.

« Utopie », « cité idéale », « paradis terrestre », c’est dans cet esprit que le domaine royal avait été pensé, et c’est cette « valeur immatérielle » que tient à restituer Jean d’Haussonville, à la tête depuis neuf ans d’un site qui attire déjà un million de touristes par an.

Philippe Villeneuve, architecte des monuments historiques, en charge de Notre-Dame de Paris, œuvrera à restituer des ornements de plomb ayant disparu après la Révolution, et fera redorer le sommet des lanternons (petite lanterne placée au sommet d’un dôme ou d’un escalier, ndlr).

Une mise en scène intérieure de la Cour itinérante de François Ier et de son ambiance seront possibles grâce aux décors textiles conçus par le décorateur Jacques Garcia.

Une grande exposition « l’utopie à l’œuvre » sur 2.000 m2, montrera l’implication de Léonard de Vinci dans les plans d’origine. Seront exposées 150 œuvres de 34 collections, dont trois feuillets du Codex Atlanticus prêtés par la Biblioteca Ambrosiana de Milan. Dix-huit projets d’architecture « Chambord 2019 » chercheront à « relancer l’utopie architecturale » du lieu, selon Jean d’Haussonville.

Un nouvel éclairage « romantique » illuminera en douceur les façades. Les 32 km de murs de clôture (longueur sans équivalent dans le monde) commenceront à être restaurés par un chantier d’insertion. Et un potager de permaculture, s’appuyant sur l’expertise de Charles-Hervé Gruyer, de la ferme modèle du Bec Hellouin, donnera une touche écologique.

Un chai construit par l’architecte Jean-Michel Willmotte et une plantation (qui a débuté en 2015) de 14 hectares de vignes biologiques, rappelleront que le souverain avait fait venir de Bourgogne en 1518 un cépage qu’il avait fait implanter non loin à Romorantin. Manière aussi de promouvoir un vin portant le nom prestigieux de Chambord.

La directrice général de l’UNESCO Audrey Azoulay évoquera la ville irakienne de Mossoul dans un grand colloque sur les monuments du patrimoine.

En clôture des célébrations, enfin, un « voyage de la pierre sur la Loire » entre Tours et Saint-Dyé commémorera le voyage en bateau des blocs venant des carrières de tuffeau vers le chantier du château.