(photos I. Bachelard)
(photos I. Bachelard)

Sous le nom de Trebogad, la Cave du Roi Dagobert située à Traenheim dans le Bas-Rhin, lance une nouvelle cuvée novatrice. Un vin issu de raisins de pinot gris, ramassés à la main, vinifiés en levures indigènes et mis en bouteilles sans aucun apport de dioxyde de soufre : un vin nature qui fait date dans l’univers des caves coopératives.

La cave du Roi Dagobert est une cave coopérative dynamique située dans cette partie de l’Alsace proche de Strasbourg, qui n’est pas aussi connue pour ses vins que celle du sud autour de Colmar. La polyculture y est encore bien ancrée et le vignoble y alterne avec les prés et les arbres fruitiers. La ville de Traenheim, où se trouve la cave fait partie des terres historiques de l’ancien domaine du fameux roi mérovingien Dagobert 1er, ce petit fils de Clotaire qui régna sur les Francs de 629 à 639. Aujourd’hui, elle fait partie des communes dénommées la « Couronne d’Or » au plus près de Strasbourg.

Vinification sans soufre

Même si la Cave du Roi Dagobert a suivi depuis longtemps ceux parmi ses adhérents qui souhaitaient s’engager dans une démarche bio, la cuvée Trebogad est une première, car elle est vinifiée et élevée sans aucun sans dioxyde de soufre C’est une cuvée du cépage pinot gris, issue du millésime 2017, de raisins bio ramassés à la main, vinifiés en levures indigènes. Pour Christophe Botté, qui dirige la Cave de Traenheim depuis 2016, l’idée n’est pas de faire une cuvée sans soufre pour être dans l’air du temps, mais bien de travailler au plus près de la nature, avec des raisins bios et sans apport de levures exogènes pour la fermentation.

Trebogad, anagramme de Dagobert

La nouvelle cuvée se présente dans une bouteille traditionnelle – puisque la flute d’Alsace est indissociable de l’appellation d’origine Alsace – ornée d’une jolie tête couronnée qui représente le « bon roi Dagobert », celui qui a mis sa culotte à l’envers selon la chanson enfantine. Son nom de Trebogad inverse les lettres de Dagobert dans une belle anagramme. Le vin issu d’un terroir argilo-calcaire est sec et ample. Il est vendu 13,50 €.

Le bio en progression

A Traenheim, la surface cultivée en bio s’élève à 30 ha, auxquels s’ajoutent 70 ha en conversion. C’est relativement peu sur 950 ha, mai c’est un début prometteur. « Nous avons commencé le bio en 2000 mais le marché ne suivait pas et nos vins bios étaient assemblés aux autres », explique Christophe Botté. Heureusement, la situation a changé et 60 000 bouteilles sont maintenant commercialisées en bio, en crémant d’Alsace, sylvaner, riesling et gerwurztraminer. » On sait déjà que l’année prochaine, le pinot gris Trebogad 2017 ne sera plus seul. Il sera rejoint par un riesling et un gewurztraminer.