Un peu d'acide pour voir si les sols sont calcaires... (photo Château de l'Eclair)
Un peu d'acide pour voir si les sols sont calcaires... (photo Château de l'Eclair)

Entamée il y a plus de six ans, une vaste étude des terroirs est en train de s’achever dans le Beaujolais. L’objectif : acquérir de nouvelles connaissances géo-pédologiques pour mieux valoriser les différentes appellations du vignoble.

Le terroir serait-il l’antidote à la crise que traverse depuis de trop longues années le Beaujolais ? Pour beaucoup, la réponse est définitivement oui. Le caractère, l’originalité et la capacité de vieillissement des cuvées proposées par les vignerons les plus exigeants de ce vignoble ne laissent pas de doute. Le Beaujolais recèle de très beaux terroirs. Encore faut-il bien les connaitre.

En 2009, l’interprofession du Beaujolais a mandaté le bureau d’études Sigales pour effectuer une carte la plus précise possible des sols du vignoble. Sigales a ainsi effectué des milliers de trous, à la pelleteuse ou à la tarière, pour établir des profils. De Moulin-à-Vent à Brouilly en passant par Morgon, l’ensemble des 10 crus a ainsi été cartographié.

L’idée simpliste qui résume le Beaujolais à un cépage, le gamay, sur une roche, le granite, vole en éclat. « Ce que l’on voit en surface n’est pas représentatif ce qu’on trouve en profondeur », ne manque pas de souligner Isabelle Letessier, à la tête du bureau d’études. On trouve, par exemple, du calcaire dans de nombreux secteurs. Et quand on parle de granite encore faut-il préciser lequel : il se subdivise en une demi-douzaine de catégories. Dans le Beaujolais, il est traversé par de nombreux filons d’autres matériaux. La démarche doit être finalisée dans les prochains mois sur le secteur beaujolais et beaujolais-villages.

Il reste aux vignerons à s’approprier ce travail pour mieux faire valoir les qualités et l’originalité de leurs cuvées.

« Les vins les mieux valorisés sont généralement ceux qui ont un rapport direct avec leur terroir, généralement par la mise en avant d’un lieu-dit ou d’un climat, voire des cuvées spécifiques », rappelait Gilles Paris, président d’Inter beaujolais, à ce sujet.

Depuis quelque temps déjà l’idée de s’appuyer sur cette étude pour délimiter des premiers crus fait d’ailleurs son chemin…