(Photo P. Martinez)
(Photo P. Martinez)

Après douze ans dans le champenois, il signe son deuxième millésime sur les terroirs frais des Terrasses du Larzac, au nord-ouest de Montpellier. A 48 ans, l’installation tardive de cet ingénieur agronome qui rêvait d’être vigneron, promet de dynamiser cette pépite des AOC du Languedoc. Autour du Carignan et demain du Chenin, deux cépages qu’affectionne particulièrement Jean-Charles Auffret.

Il y a des vocations qui se révèlent sur le tard. Celle de Jean-Charles Auffret, ingénieur agronome œnologue diplômé de Montpellier SupAgro en 1996, aura nécessité vingt ans avant de se concrétiser. Et un passage de quinze ans comme salarié dans le Champenois, dont douze chez Veuve Cliquot en tant que responsable technique auprès des livreurs de raisin de la maison. Mais en 2011, le vieux rêve de devenir vigneron a été le plus fort. Jean-Charles Auffret quitte le salariat et entreprend un Executive MBA à Lyon, histoire de se challenger et de faire son examen de conscience. « Ça a généré chez moi un véritable déclic et une meilleure connaissance de ma personnalité : je regardais loin, vers des rêves inaccessibles, mais je ne regardais pas l’herbe qu’il y avait à mes pieds », observe le propriétaire aujourd’hui de Clos Aguilem en appellation Terrasses du Larzac.

L’installation, amorcée à partir de 2014, se concrétise avec l’achat en janvier 2015 de deux îlots autour du village de Saint-André-de-Sangonis. Le premier de 3,6 hectares, rassemble un parcellaire de vieilles vignes plantées en 1959 avec des Carignan, Cinsault, Grenache blancs et Chenin. L’autre îlot complète l’encépagement (Syrah), un fermage de 2 hectares portant l’exploitation à 9 ha majoritairement plantés en rouge (à 60%). La conversion bio amorcée en 2016, devrait aboutir à une certification AB dès le millésime 2019.

Ossature de Carignan et de Chenin

Le premier millésime du domaine (le 2015) voit le jour en 2017, affirmant déjà un style audacieux valorisant le Carignan, présent pour 40% dans l’assemblage associé à la Syrah, au Grenache et au Cinsault. Le 2016, actuellement commercialisé, confirme cette dominante. « La marque de Clos Aguilem sur les rouges, c’est le Carignan qui apporte ce côté poivré et une acidité, une fraîcheur qu’on ne retrouve pas dans la Syrah », défend Jean-Charles Auffret. Inconditionnel de ce cépage, il l’isole d’ailleurs dans une cuvée, la « 19*59 » en IGP Saint-Guilhem-le-Désert, en hommage aux vieilles vignes de Carignan du domaine. La fraîcheur caractéristique de ce cépage mieux adapté aux effets du réchauffement climatique, c’est d’ailleurs l’une des caractéristiques majeures de l’appellation Terrasses du Larzac qui se distingue par la fraîcheur de ses vins, expliquée par une forte amplitude thermique entraînée par la déclivité des sols (le différentiel jour/nuit peut atteindre 20 degrés l’été).

Même guide inattendu pour le Chenin, majoritaire dans le vin blanc du domaine, un IGP Saint-Guilhem-le-Désert. « Le Chenin est pour moi un élément clé de la future appellation Terrasses du Larzac blanc », confie Jean-Charles Auffret. Un chantier sur dix ans, pour compléter la gamme de cette AOC pour l’instant dévolue aux rouges, mais dont les blancs en IGP Saint-Guilhem-le-Désert, sont déjà réputés.

Clos Aguilem est présent à Bordeaux Tasting les 15 et 16 décembre, stand G17

Clos Aguilem, AOP Terrasses du Larzac, 20 € la bouteille
Cuvée 19*59 pur Carignan, IGP Saint-Guilhem-le-Désert, 18 €
Mas Aguilhem L’An 2 blanc (majorité chenin, associé à du Grenache blanc et du vermentino), IGP Saint-Guilhem-le-Désert, 18 €