(Photo JM Brouard)
(Photo JM Brouard)

Comment exister aujourd’hui au regard de tous les coûts inhérents à une structure viticole familiale ? La réponse avec des groupements de moyens comme celui de « Terroirs et Talents » qui créé un pont entre le Mâconnais et le Beaujolais.

L’idée n’est pas nouvelle mais son côté transrégional lui apporte toute son originalité. En 2007, deux vignerons (Hervé Dupond et Xavier Barbet) ont décidé d’unir leurs forces pour pouvoir répartir certains coûts inhérents à la production et à la commercialisation de leurs vins. Une grande décennie plus tard, ce ne sont pas moins de 6 domaines qui composent cette union qu’est « Terroirs et Talents ». Ces structures familiales ont toutes à cœur de déployer au quotidien une viticulture durable et une définition précise de leurs terroirs. Pour aller encore plus loin dans cette démarche, le groupement dispose même d’un œnologue commun qui peut ainsi définir un standard qualitatif pour l’ensemble des parties prenantes. Dans ce coin du vignoble français, les particularismes de chacune d’elles s’expriment notamment à travers les climats. Ces parcelles délimitées aux noms souvent originaux permettent de produire des vins typiques, bien reconnaissables à la dégustation.

Des cuvées parcellaires de qualité

Au sein du groupement, citons notamment dans le Mâconnais les « Vins Auvigue » et, plus au sud dans le Beaujolais, le domaine de la Pirolette et le château de la Terrière. Tous proposent aux amateurs d’expérimenter les spécificités de leur terroir au travers de cuvées parcellaires intéressantes. Le Régnié « vin sauvage à poil » (12,50€) du château de la Terrière annonce la couleur dès l’étiquette. Un ours blanc tenant entre ses pattes une bouteille. Pourquoi ? Tout simplement parce que les vignes se situent sur le lieu-dit « la Sibérie » aux sols de granit rose décomposé ! Un avant-goût de la personnalité de ce vin vinifié sans soufre ajouté qui étonne par sa fluidité et son fruité rond mâtiné d’épices. Le vin parfait entre amis. Changement de profil avec une cuvée produite non loin de là. Il s’agit du Saint-Amour « le Carjot » du domaine de la Pirolette (19€). Le sol de pierres bleues altérées où les racines des vignes se frayent un chemin apporte un net surcroît de densité et de complexité à cette cuvée. Ample, profonde, elle est d’un très bon niveau et séduit par ses notes florales et de fruits noirs qui s’allongent sur la finale. Un vin précis et sérieux qui est un parfait compagnon pour de belles viandes rôties. Et pour changer de couleur, direction le Mâconnais. La famille Auvigue produit un Pouilly-Fuissé sur le célèbre climat « les chailloux » (30€). La dégustation suffit à comprendre pourquoi cette parcelle prétend au titre de premier cru. La puissance aromatique est là, aux reflets de fruits jaunes bien mûrs. Mais l’ensemble, racé et élégant, procure beaucoup de plaisir.