(photos JM Brouard)
(photos JM Brouard)

La principale coopérative du vignoble chablisien a su s’imposer comme le principal acteur viticole de la région grâce à une qualité sans faille. Un modèle du genre.

« Les vins de la Chablisienne gagnent en précision chaque année. C’est bien ce sens du détail qui permet de faire la différence ». Les mots de Vincent Bartement, œnologue de la célèbre coopérative de Chablis, résument à eux seuls le positionnement de cette structure qui suscite le respect tant elle parvient, millésime après millésime, à tirer le meilleur des coteaux kimmeridgiens de la région. L’International Wine challenge ne s’y est d’ailleurs pas trompé en désignant Vincent Bartement pour la seconde fois « meilleur winemaker de vin blanc 2016 » lors de sa précédente édition. Une juste récompense lorsque l’on connaît l’exceptionnelle qualité des vins proposés par la Chablisienne. Pour l’année 2016, ce ne sont pas moins de 9 millions de bouteilles qui ont été commercialisées dans 82 pays grâce aux apports en raisin de 250 vignerons. Ainsi réunis, ils couvrent près de 1300 hectares de vignes, soit environ 25% du vignoble. La Chablisienne est donc l’acteur incontournable du chablisien qui aurait pu se contenter de faire de la qualité. Il fait bien plus : il fait de grands vins et confirme que les coopératives peuvent aussi jouer le rôle de moteur qualitatif dans les régions viticoles.

Des vins ciselés qui vieillissent admirablement

La dégustation de vins de la Chablisienne permet d’apprécier tout le travail réalisé année après année pour tirer la quintessence du terroir si particulier de Chablis. Le Chablis « les vénérables » est issu de vieilles vignes de plus de 35 ans. Le 2014 (15,50 €) présente une belle vivacité avec des notes de citron assez caractéristiques. Un vin tendu et agréable qui est une excellente introduction aux vins du cru. Si l’on monte dans la hiérarchie, le Chablis premier cru « Vaulorent » 2014 (20 €) issu d’une sélection parcellaire du premier cru « Fourchaume » offre pour sa part un côté minéral, pierreux dont la persistance en bouche impressionne. Il faut dire que les vignes sont situées juste à côté de celles du grand cru « les Preuses », une référence. Les grands crus sont d’ailleurs magistraux et sont des monuments taillés pour la garde. Le Chablis « les Preuses » 2002 associe aujourd’hui force et tension et s’avère plus vibrant que jamais. Un vin grandiose encore en pleine jeunesse. Et que dire du « Chablis grand cru « château Grenouilles » 1996 ? Ce terroir, propriété de la coopérative, a offert sur cet immense millésime un vin qui commence seulement à s’ouvrir sur des notes de fruits jaunes et d’agrumes (citron, mandarine). En bouche, sa vivacité n’a d’égal que sa puissance et sa longueur. Un vin parfaitement équilibré et émouvant. 20 ans plus tard, le millésime 2016 se présentait plus difficilement avec grêle, pluie ininterrompue pendant 45 jours en mai et juin et mildiou. De petits rendements au final mais gageons qu’une fois de plus, avec ce nouveau millésime, la Chablisienne parviendra à exprimer brillamment son terroir unique et magique.