(Photos DR et JM Brouard)
(Photos DR et JM Brouard)

Anne Malassagne et son frère Antoine, à la tête de la maison de champagne familiale depuis 24 ans, ont décidé d’insuffler un nouvel esprit, un retour aux véritables fondamentaux.

2017 marquera certainement les esprits chez AR Lenoble par la complexité et la difficulté de la vendange. Avec des maturités compliquées, des foyers de pourriture dus notamment aux fortes précipitations du mois d’août, cette année n’aura pas été de tout repos. Avec à la clé beaucoup de raisins refusés aux livreurs habituels avec lesquels travaille la maison. Une obligation, d’après Antoine, qui a permis de ne rentrer que de beaux raisins, particulièrement sur les chardonnays, ce qui devrait permettre in fine d’avoir de très belles surprises. Des millésimes, Anne et Antoine en ont connu beaucoup, 24 depuis qu’ils ont repris les rênes du domaine. Des années difficiles, dures, où les heures n’ont pas été économisées, tout comme l’argent qui a été généré. Celui-ci a été presque systématiquement réinjecté dans l’entreprise afin de la moderniser et la faire accéder au rang de grande maison de Champagne par la qualité des cuvées produites. Après deux décennies d’efforts et une réputation établie, il était donc grand temps pour le binôme de revenir à davantage de simplicité pour prendre davantage de plaisir au quotidien.

Terroir et patrimoine

Les premiers signes du changement sont intervenus, comme souvent, dans les vignes. Sensibles à l’importance de la biodiversité, Anne et Antoine ont engagé la maison dans une démarche responsable au niveau environnementale, une démarche récompensée en 2012 par l’obtention de la certification « haute valeur environnementale »
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Dans ce cadre, le respect de la biodiversité tient une place centrale et ce sont des haies, des vergers, des arbres et des talus qui ont été mis en place. Un paradis retrouvé pour les abeilles qui ont trouvé là un terrain de butinage idéal. Des ruches ont donc été positionnées dans le lieu-dit « le vallon » sur le grand cru de Chouilly et le miel vient d’être récolté. Pour prolonger cet esprit, de grands travaux ont été réalisés. Tout d’abord la remise en état de la « loge », petite maison construite dans les vignes par leur grand-père en 1947. Un édifice autrefois fréquent dans les vignes qui servait de refuge aux travailleurs viticoles. 120 sont aujourd’hui encore debout et référencées par le parc naturel régional de Champagne.

Réouvert cette année, il permet désormais aux propriétaires de recevoir des clients dans un esprit champêtre, où les pique-niques simples sont l’occasion d’ouvrir de vieux millésimes sortis de la vinothèque sans cérémonial particulier. Une manière de retrouver une certaine simplicité. A l’image des travaux en cours dans la demeure de Damery du XVIIIème siècle. Une nouvelle salle de dégustation et de réception ainsi qu’une cuisine va y être aménagée. L’objectif d’Anne ? « Créer un contexte plus décontracté, chaleureux et accessible afin de découvrir le champagne sous un angle nouveau, sans le cérémonial qui lui est généralement associé ».

Autour d’une table haute, les privilégiés prépareront et partageront des plats simples (poulets grillés, assiettes de fromages) et découvriront les excellentes cuvées du domaine, comme le grand cru blanc de blancs 2008 (51,30 €), une bouteille au potentiel exceptionnel qui commence tout juste à pouvoir être apprivoisée.