Événement chez Bollinger avec la mise en marché d’un nouveau projet R.D. Il concerne le millésime 2004 et se positionne clairement comme un champagne de gastronomie. Démonstration.

R.D. 2004. C’est presque un nom de code façon James Bond. 2004 pour le millésime. R.D. pour Récemment Dégorgé, ou Recently Disgorged « avec l’accent ». Spécialité de Bollinger, inventée à contre-courant par Madame Bollinger dans les années 60, le Récemment Dégorgé est un vin vieux gardé dans sa fraîcheur par un élevage sur lies et tout récemment mis en marché.

Bien sûr, le vin doit présenter à la base un potentiel exceptionnel pour accepter sans faillir un vieillissement de 10 à 25 ans. 24 éditions seulement de R.D. ont été produites depuis la première édition, un 1952 présenté en 1967. R.D. 2004 fait suite à R.D. 2002 sorti en 2014, et un certain « gap » s’écoulera avant la prochaine édition (« peut-être » le 2007, qui s’annonce « très minéral » selon les gardiens du temple).

« Ce 2004 permet de revenir véritablement aux origines de R.D., confirme Gilles Descôtes, chef de caves Bollinger. C’est un des millésimes qui exprime le mieux la vision de Madame Bollinger de travailler sur le contraste richesse versus fraîcheur ». Le nez, très généreux, exprime santal, cèdre, fruits confits, torréfaction fine, prune, fleurs jaune. La bouche est ample, terrienne mais surtout d’une fraîcheur saisissante sur un millésime si ancien. Pour Gilles Descôtes, il doit être dégusté idéalement dans l’année qui suit le dégorgement (d’ici fin 2019) afin d’exprimer pleinement ce contraste.
Proposé chez les cavistes sur cette fin d’année (250 €), Bollinger R.D. 2004 est aussi un flacon d’artisanat haut de gamme (vinifications en fût, toutes manipulations à la main,…), qui replace clairement le champagne dans l’univers du vin et de la gastronomie française traditionnelle. Pour sa sortie, plusieurs chefs ont d’ailleurs proposé des recettes entièrement élaborées sur mesure. L’équipe d’Alain Ducasse, sous la baguette du chef Josselin Herland, l’a proposé sur un petit pâté chaud de pintade et foie gras sauce Périgueux – un accord remarquable qui renoue avec la cuisine de nos grand-mères (pithiviers de canard au foie gras, pâté en croûte, feuilleté de pigeon…) Voilà aussi un exercice culinaire qui n’est pas hors de portée pour un repas de Noël !