(Photo JM Brouard)
(Photo JM Brouard)

Cette jeune maison de Champagne a connu un important développement en seulement une trentaine d’années, avec un ADN aubois fièrement revendiqué.

Les maisons champenoises ne sont pas toutes bicentenaires, loin de là. Certaines ont réussi, en seulement quelques décennies, à devenir des acteurs importants de la région. Gremillet fait partie de celles-ci et affiche fièrement une production de 500 000 bouteilles. Une trajectoire fulgurante quand on pense que la grand-mère Lulu avait investi dans 30 ares de vignes en 1978 seulement. Mais dès l’origine, les racines de la maison se développent dans la région de la famille, l’Aube. A 45 kilomètres de Troyes, ce sont les Riceys qui sont ici le fer de lance de toute la viticulture. C’est tout proche, à Balnot-sur-Laignes, que se trouve le domaine. En quelques années, Jean-Michel Gremillet, fils de Lulu, va avoir une ambition : celle de faire grandir cette structure. Des premières 1000 bouteilles produites en 1984 à son nom, il portera la production à 20 000 bouteilles en l’espace d’une décennie. Aujourd’hui, la maison s’enorgueillit de 42 ha dont 7 ha sur les collines des Riceys. Gérée par les enfants, Anne et Jean-Christophe, son statut de négociant-manipulant lui permet d’acheter également du raisin pour compléter sa gamme au-delà du pinot noir, roi incontesté de l’Aube champenoise. Meunier et Chardonnay issus d’une soixante de viticulteurs partenaires viennent compléter la matière première maison, parfois en provenance de très beaux villages (Montgueux, Cramant notamment).

La droiture en ADN

A la dégustation, deux cuvées ressortent particulièrement. Elles sont issues de la gamme « les purs ». Ce sont le brut Blanc de Noirs et le brut Blanc de Blancs (24,50€). Le premier offre un nez large aux notes de fruits rouges nettes. Son attaque ronde est vite contrebalancée par une vivacité de bouche franche et fraîche. Le dosage important (10 grammes) est totalement intégré et l’ensemble s’avère gourmand, les fruits rouges s’étirant bien sur la finale. Le Blanc de Blancs joue sur le même tempo de fraîcheur. Plus délicat, il évoque la pêche blanche au nez qui évoluent vers des notes florales en bouche. De la droiture donc pour ces deux cuvées au bon rapport qualité-prix. Elles seront rejointes dès 2019 par une cuvée annoncée comme « fleuron de la maison ». Un champagne issu du Clos Rocher créé en 2013 qui viendra compléter le chapelet de clos ayant éclos ces dernières années dans la région. En attendant, les amateurs pourront découvrir toutes les autres cuvées, plus travaillées et au style plus clivant, comme le Blanc de Blancs de la cuvée Evidence au boisé marqué.