2,1%, c’est le pourcentage des surfaces exploitées en viticulture biologique en Champagne. 37% celui de la progression du nombre de domaines convertis depuis 5 ans. Si l’un des chiffres est plutôt faible pour la filière, l’autre est davantage révélateur. Terre de Vins a sillonné les terroirs à la recherche de ces vignerons « bio » et « biodynamiques » qui se détachent et livrent leurs interprétations idéologiques de cette viticulture qui sommeille encore. Premier portrait : Marc Augustin, « Bio par philosophie ».

A Avenay Val-d’or, entre la Montagne de Reims et la Vallée de la Marne, Marc Augustin intrigue, peut-être parce qu’il ne raisonne pas tout à fait comme les autres. Avec ses 9 hectares certifiés en viticulture biologique et en biodynamie, c’est un vigneron convaincu qui plus que jamais croit en la nature et sa vertu.

Arriver chez Marc Augustin c’est comme débarquer en terre inconnue. D’ailleurs, vous ne pourrez pas ne pas le voir, c’est écrit, là, en gros « BIODYNAMIE ». Le jardin « zen » a remplacé les traditionnelles allées caillouteuses, le feng-shui s’est quant à lui invité dans le chai. Levez les yeux au ciel, vous y verrez un plafond astral, écoutez, vous n’entendrez que les cliquetis de l’eau qui embrassent les jarres. Ce vigneron au grand cœur défi les préceptes de la biodynamie. Avec son épouse, Emmanuelle, thérapeute, ce couple atypique développe une philosophie de vie brandissant bien haut l’étendoir de la biodynamie « contemporaine ».

« Être biodynamique, ce n’est pas une méthode, je suis la même personne dans la vie comme dans mes vignes. » Composant essentiellement avec ce qui l’entoure, Marc Augustin essaie d’être le moins impactant possible, ainsi les sarments de vigne, le bois de taille servent à se chauffer. Il pratique la permaculture sur ces parcelles en plantant des légumineuses pour favoriser la biodiversité et expérimente les plantations de lin pour conserver la fraîcheur de ses vignes. Comme quoi, la biodynamie peut aussi rimer avec technologies raisonnées.

Des vins « vivants »

Marc Augustin attache à la création de ses vins, une conviction, celle de réunir des actions positives en lien avec le calendrier lunaire. « Le Monde est un tout, chaque action entraîne une réaction ». Ces cuvées ne sont pas filtrées, ni passées au froid, les fermentations malolactiques ne sont pas stoppées. Attentif au contenu comme au contenant, ce vigneron préfère les cuves émaillées plus douces que l’inox. Quant au choix des bouteilles, il se fait selon le principe de la chromatologie, quand la pression osmotique est la plus basse pour les molécules. « Le but de toutes ses manipulations permet une stabilité et de garantir l’équilibre des vins ».

« Le Monde se compose de 4 éléments, les cuvées du Champagne Augustin, aussi »

Comme une toile, Marc Augustin tire le meilleur de chaque élément de la nature pour créer ses vins. La gamme se décline autour de ces 4 éléments vitaux permettant une alchimie entre chacune de ses bouteilles. La cuvée « CCXCI (291) – LA TERRE », un blanc de noirs obtenu à partir de jeunes vignes incarne la stabilité et reflète des notes végétales et puissantes. « CCXIV (214) – L’AIR », brut nature, assemblage de pinot noir et chardonnay est une cuvée légère, douce relative à cet élément volatil, « CCCI (301) – LE FEU », brut nature, blanc de noirs obtenu à partir de vieilles vignes, une cuvée dynamisante et flamboyante. Enfin « CXVI (116) – SANS SOUFRE » est la conjugaison de toutes ces composantes, pure, un blanc de noirs toujours décliné en brut nature, disponible également en 100% chardonnay. Explication sur le nom de cette bouteille : le 16 correspond au soufre dans le tableau périodique des éléments, d’où la dénomination CXVI (cent =C) avant le 16 (sans soufre).

En véritable équilibriste, Marc Augustin est un homme qui défie les lois de la nature. Il crée, invente, réfléchit, suit l’évolution de l’Homme en faisant de grands pas. Vigneron « sur » naturel, cet amoureux de la terre fait de ses cuvées, des cadeaux du ciel.

Quelques conseils lors de votre visite : Ne dites pas viticulteur mais « coeurviculteur » (cultiver avec le cœur), ne dites pas non plus travail mais « ouvrage » enfin n’attachez aucune fiche de dégustation à ses vins, ici, il faut déguster… et penser !