Photo Frédérique Hermine
Photo Frédérique Hermine

Olivier Dauga n’a pas chômé depuis son arrivée en 2012 comme consultant au Château Cavalier, domaine des vignobles Castel au cœur de la Provence verte. Il a fait incontestablement gagner de l’élégance et de la fraîcheur aux rosés.

Olivier Dauga a désormais un credo : piloter les parcelles le plus en amont possible pour faire des vins ciselés avec précision. Il a donc entrepris avec l’équipe du Château Cavalier à Vidauban (83) de zoner les terroirs par l’observation des sols, du climat, des vents, de l’irrigation – « car avec 35 mm de pluie par an, c’est compliqué – et de réfléchir par cépage : laisser vieillir les cinsaults plantés en 2009-2010, dompter la syrah capricieuse, replanter des rolles… « Le consommateur est d’abord sensible à la couleur, au nez puis au plaisir en bouche, explique Olivier Dauga avec enthousiasme. Le danger par ici est de dépasser les 13°. Ça enrobe la bouche et on perd en notes citronnées et minérales. D’où l’intérêt d’avancer les dates de vendanges pour plus de fraîcheur ». La difficulté réside également dans le fait de travailler 140 ha sur la tension et l’expression aromatique. Olivier Dauga qui réaffirme que le rosé est « un vrai vin et pas que de la technologie », vient de présenter les 4 cuvées 2015, dont trois élevées en cuves. Seul le Prestige passe en partie en bois d’acacia. Un millésime chaud avec une belle maturité précoce.

Carte blanche pour les essais

Le domaine de Vidauban au pied du massif des Maures, entre Aix et Nice, produit actuellement 550 000 bouteilles uniquement en rosé, avec un potentiel de 800-900 000. Il porte le nom du petit ruisseau qui traverse la propriété. Acheté par Pierre Castel en 2000 (il ne comptait alors qu’une cinquantaine d’ha avec un vieux hangar pour la vinification), il a été confié à son neveu Philippe Castel qui pilote les Châteaux et Domaines Castel dont le bateau provençal au cœur du Var avec le directeur Florent Gaillard (ex-Ott) et le « faiseur de vins » Olivier Dauga. De gros investissements ont été faits à la vigne (plantations à 5000 pieds/ha, enherbement un rang sur deux, réseau d’irrigation au goutte à goutte pour plus de la moitié du vignoble, collecteurs d’eaux de pluie, certification en agriculture raisonnée Terras Vitis depuis le millésime 2012…) et au chai avec une nouvelle cuverie parfaitement isolée avec cuves en inox thermorégulées. Le domaine est planté à 35% en grenache, 23% en cisault, 6% en cabernet sauvignon, 5% en Carignan, 4% en mourvèdre et 7% en cépages blancs. « J’ai carte blanche et on m’autorise beaucoup d’essais, reconnaît Olivier Dauga. Cet automne, le consultant est allé chercher des levures à la vigne pour élaborer des cuvées différentes. Les premiers essais permettront à la maison d’avoir dans trois ans ses propres levures pour se distinguer encore plus des voisins.

Notre sélection :

Château Cavalier Prestige 2015 (Côtes de Provence) : élevée pour partie en
barriques mêlant acacia et chêne. A 45% syrah, 35% Grenache, 15% rolle et 5% cabernet. De la fraîcheur et de l’élégance sur des notes de fruits exotiques, de framboises et d’épices douces sur quelques agrumes et une pointe vanillée (15 €).

Château Cavalier 2015 (Côtes de Provence) : 40% Grenache, 20% syrah, 15% rolle-démillon, , 15% cinsault et 5% mourvèdre-carignan. Des arômes d’agrumes, de fruits exotiques et de pêche blanche sur des notes de fruits rouges et une finale minérale. (13 €)