En présentant, en pleine semaine des Primeurs, un projet ambitieux de nouvelles installations techniques et réceptives, le château Figeac, 1er Grand Cru Classé de Saint-Emilion, confirme le grand élan de renouveau entamé depuis quelques années.

Il fallait bien un grand dîner de gala, orchestré par le légendaire chef Michel Guérard et auréolé de millésimes aussi prestigieux que 1949, 1982, 1990 ou 1998 (en impériales ou jéroboams, s’il vous plait), pour annoncer un tel projet. La semaine dernière, en pleine effervescence des Primeurs à Bordeaux, Marie-France Manoncourt, propriétaire de Château Figeac entourée de ses deux filles, présentait les grandes lignes des nouvelles installations qui verront le jour dans deux ans à la propriété. Un chantier ambitieux qui s’inscrit dans l’élan de renouveau amorcé depuis quelques années dans ce 1er Grand Cru Classé ‘B’ de Saint-Emilion. Sous l’impulsion du directeur général Frédéric Faye, de toutes les équipes du château et des grandes orientations données par Jean-Valmy Nicolas (Château La Conseillante à Pomerol), Figeac est bel et bien de retour dans le haut du panier des grands crus bordelais. Et l’aboutissement des travaux qui viennent d’être lancés ne devrait que le confirmer. Jugez plutôt :

– Création de deux niveaux de sous-sol (jusqu’à -12 m) qui tirent parti du relief collinaire et permettent une gestion douce des températures ;
– Schéma fonctionnel des nouvelles installations dicté par les étapes du process de production ;
– Conversion du chai Renaissance en 1 salle de dégustation professionnelle et 1 salle de dégustation visiteurs avec vue sur le domaine ;
– Ouverture sur le vignoble et la cour des espaces réceptifs renouvelés et agrandis ;
– respect de l’architecture et du caractère spécifique du château (cabinet d’architectes A3A, Bordeaux) et préservation du patrimoine naturel. Intervention d’entreprises fortement implantées régionalement à chaque étape du projet. L’ensemble des travaux a été conçu dans une démarche de Haute Qualité Environnementale (HQE).

Les installations techniques seront les suivantes :

– 1 cuvier de 8 cuves bois et 40 cuves inox, en partie souterrain / vs 10 cuves bois et 16 cuves inox aujourd’hui ;
– 1 cuvier dédié à la recherche et au développement ;
– 2 grands chais à barriques souterrains (température naturellement stable) ;
– 1 espace dédié au conditionnement en sous-sol ;
– 1 bouteiller en sous-sol ;
– 1 chambre froide pour la vendange (capacité 20 tonnes de baies) qui permettra une
meilleure extraction.
Au rez-de-chaussée, la vendange s’enfoncera peu à peu sous la colline en passant vers la salle de tri, le cuvier, puis le premier chai à barriques.
Le nouveau process de vinification sera entièrement gravitaire jusqu’aux barriques.

La durée totale travaux sera de 2 ans mais devrait accueillir déjà les vendanges 2019. 5000 m2 seront dédiés à la vinification et aux vins (pour 1600 m2 aujourd’hui), pour un vignoble en production de 40,5 ha en 2019 (pour 32 ha en 2015).

Ce grand projet viendra remplacer les installations existantes, qui avaient déjà été révolutionnaires en leur temps. En 1972, Thierry Manoncourt et sa femme Marie-France avaient entrepris des travaux pharaoniques pour l’époque. Des caves spacieuses majestueuses avaient été creusées dans 7m de graves. Le cuvier inox s’ouvrait par de larges baies vitrées et offrait la perspective sur les vignes, vision théâtralisée par l’arche du patio. L’outil de travail était à la pointe de l’innovation et respectait les lieux. En 2010 un bâtiment viticole de haute qualité environnementale voyait le jour, parfaitement intégré à l’ensemble architectural de la propriété.