Sous l’impulsion de Sylvie et de son père Jean Gautreau, le Château Sociando-Mallet joue dans la cour des grands médocains. Et ce, depuis cinquante millésimes. Pour l’occasion, une verticale digne de ce nom s’imposait.

C’est d’abord un magnifique vignoble de 83 hectares sur des sols graveleux typiquement médocains, un domaine basé sur la commune de Saint-Seurin-de-Cadourne qui connut ses premières heures de gloire au XVIII et XIXème siècles. C’est aussi Jean Gautreau, un surdoué du tennis et du commerce qui monte sa société de négoce en 1957 et achète en 1969 un château à l’abandon ; Sociando-Mallet ne pèse plus que 5 hectares. Désormais entre les mains de Sylvie, la fille de Jean, le Château Sociando-Mallet a célébré ce 9 mai au Grand Hôtel de Bordeaux ses 50 millésimes avec une verticale qui nous rappelle combien les vins de ce domaine sont de grande garde. Pour l’occasion, Terre de Vins dissèque le menu :

1976
C’est le plus vieux millésime retenu pour cet anniversaire, une année particulièrement caniculaire à laquelle Sociando-Mallet a su résister. Le nez est délicat avec des notes de sarments fumés et de cassis confiturés. L’attaque est très serrée avec des tannins très délicats et une acidité qui tient le vin. L’orgueil du cabernet sauvignon le tient en vie.

1982

Attention, millésime mythique médocain qui plus est à Pauillac et dans ses environs, précisément à Sociando-Mallet. Le nez garde encore de la fraîcheur et de l’équilibre, sensation que l’on retrouve en bouche pour une finale assez courte.

1990
Nez sur le poivron frais avec des notes de rancio. Une très belle acidité maintient ce vin pour lui donner de l’énergie, il « pinote » légèrement pour une finale saline et très digeste. Sociando-Mallet traverse les époques, c’est le savoir-faire des grands terroirs, ceux qui ont le dernier mot.

2003
Nez très incisif sur des notes d’acétone pour un millésime caniculaire. C’est le cabernet sauvignon qui dicte sa loi avec des notes de cèdres et de boîte à cigare. Il y a encore de la matière, c’est la force tranquille pour une finale suave et légèrement iodée. Très belle bouteille !

2010
Encore un millésime inoubliable dans le Médoc et de fait indélébile sur les terroirs de graves. D’emblée le nez est complexe, riche et sensuel. L’attaque est très vive, croquante avec une fraîcheur et un touché tannique remarquable et remarqué. C’est un vin en première classe, encore un bébé.

Et le 2018 ?
Récemment mis en marché avec une étiquette spéciale pour célébrer ce cinquantième anniversaire, le millésime 2018 de Château Sociando-Mallet nous a séduit, comme en témoigne notre note et notre commentaire extraits du dossier Primeurs de Terre de Vins n°59, actuellement dans les kiosques : « Dès le nez, la politique assumée de l’élevage se ressent avec des notes boisées qui se conjuguent aux fruits frais : c’est maîtrisé et harmonieux. En bouche, des tannins serrés et structurés promettent une belle garde pour une trame aromatique sur la mûre et le cèdre. On reparlera en bien de ce 2018 » (Note : 95).