Cette parcelle est célèbre dans le monde entier. Son style est unique et le niveau de qualité atteint ici est digne des plus belles expressions bourguignonnes du pinot noir.

De comte, il n’était pas question avant 1867, date à laquelle l’un des aïeux de la famille reçut ce titre de noblesse du pape. Ernest Armand, qui fut diplomate, est celui qui fera édifier un mur tout autour de ces différentes parcelles qui avaient été patiemment réunies par les générations qui l’avaient précédé. Depuis plus de 150 ans, le domaine du comte Armand donne vie, dans ce village magique de la Côte de Beaune qu’est Pommard, à un vin exceptionnel. Par sa taille déjà, il constitue l’un des plus importants monopoles de Bourgogne. 5 ha 23a et 8ca très précisément où le pinot noir pousse sur un sol argilo-calcaire idéal. Les vignes sont âgées puisqu’elles ont été plantées il y a 35 ans pour les plus jeunes et il y a 98 ans pour les plus anciennes. Ce terroir fantastique ne serait pourtant rien sans les hommes qui l’ont façonné et l’ont progressivement amené au firmament, notamment au cours des trois décennies passées. Pascal marchand fut le précurseur, le régisseur qui dès le milieu des années 1980 décida de convertir le domaine en biodynamie. Une identité forte qui a évidemment été pérennisée par Benjamin Leroux qui le remplaça à ce poste de 1999 à 2014. Figure unanimement célébrée pour la qualité de son travail (et qu’il réalise aujourd’hui en nom propre avec notamment une activité de négoce de très haut niveau), Benjamin a apporté sa vision, celle de vins d’une précision extrême, parfaitement représentatifs de leur terroir. Depuis 2014, Paul Zinetti a repris le flambeau et écrit, chaque jour, les nouvelles pages de ce premier cru unique. Le domaine vient d’ailleurs de sortir le nouveau millésime né sous ses auspices, le 2015.

Un vin superlatif

Cette année splendide, chaude a conduit à la production d’un Clos des Epeneaux puissant. Parti pour vieillir longtemps, il ne se livre aujourd’hui pas aisément et 2 heures de carafage lui permettre de se révéler davantage. Le nez est envoûtant avec une grande netteté aromatique de fruits rouges. La bouche est dense, expressive mais dotée d’une allonge superbe. Le vin semble canalisé par ses tannins particulièrement veloutés. Sa complexité s’offre progressivement et des notes florales et épicées envahissent doucement le nez et la bouche. Un vin d’une énergie immense, toute la classe d’un grand cru même s’il n’en n’a pas le classement. D’ailleurs, voici un autre candidat qui pourrait accéder à ce rang ultime aux côtés du Pommard Rugiens si une révision des appellations devait avoir lieu. Bien sûr, cette grande bouteille a un prix (158€) que beaucoup ne pourront pas dépenser. Par chance, le domaine produit également un très bel Auxey-Duresses. Le 2014 actuellement en vente (50€) est une introduction de premier plan au style maison. Puissance, élégance et très belle structure donne une idée de la qualité des vins produits ici. La grande Bourgogne, la vraie.