(Photo BNIC / Fabrice Schäck)
(Photo BNIC / Fabrice Schäck)

L’appellation cognac est sur le point d’obtenir l’autorisation de planter près de 3.500 hectares de vignes de plus, qui lui permettront d’anticiper sur le long terme la demande pour ce spiritueux très couru, notamment en Asie.

L’appellation a reçu un avis positif à sa demande de plantation de 3.474 hectares supplémentaires de la part des deux instances de gouvernance nationale de la filière viticole : l’institut des appellations d’origine (INAO) début janvier, et FranceAgriMer la semaine dernière.

« C’est sur la base de ces avis que le ministre de l’Agriculture prend sa décision », et signe un arrêté autorisant les plantations, « et on n’a jamais vu un ministre prendre une décision allant dans le sens contraire », a expliqué à l’AFP le directeur de l’Union générale des viticulteurs pour l’AOC Cognac (UGVC) Alexandre Imbert.

Sachant qu’il faut cinq ans entre la plantation d’un pied et les premières vendanges, la plantation de ces 3.474 hectares est le fruit d’une « anticipation à très long terme » de la profession, viticulteurs et négociants, qui comptent faire des demandes équivalentes lors des deux prochaines années.

« Nous avons calculé ce dont nous avons besoin », a assuré M. Imbert qui explique que les chiffres de vente du cognac sont « exceptionnels », mais qu’en raison des aléas climatiques, « on a déjà tapé dans les stocks les années précédentes ».

En 2018, les ventes de Cognac ont progressé, pour la quatrième année consécutive, avec des exportations en hausse de 3,5% en volume (204,2 millions de bouteilles expédiées) et de 2% en valeur à 3,2 milliards d’euros.

Les négociants ont un peu de mal à répondre à la demande : « aujourd’hui la situation est un peu tendue, et nous espérons qu’elle le sera moins dans cinq ans », souligne M. Imbert.

Le vignoble de cognac représente aujourd’hui 76.243 hectares, mais il couvrait entre 110.000 et 120.000 hectares dans les années 1970, avant que la crise du pétrole n’oblige les viticulteurs à arracher les vignes pour remonter la pente.