Pierry Reynaud et son fils Morgan (photo DR)
Pierry Reynaud et son fils Morgan (photo DR)

Avec 6000 hectares certifiés en bio et biodynamie, selon Inter Rhône, 10% du vignoble de la vallée du Rhône est, aujourd’hui, cultivé en agriculture biologique. Rencontre avec Pierry Reynaud en route vers le bio depuis deux ans à Vaison-la-Romaine.

Dans la région, le bio a ses pionniers et ses apprentis. À Vaison-la-Romaine, Pierry Reynaud s’est lancé il y a deux ans sur ses 11 hectares de vignoble en appellation côtes-du-Rhône, côtes-du-rhône villages Séguret et Ventoux. Sachant qu’il faut trois ans de conversion pour obtenir le précieux label, il sera accrédité dès l’an prochain. Le bio ? Une évidence pour ce vigneron installé depuis 2003, d’abord dans une cave de fortune, et aujourd’hui dans un chai qu’il a entièrement construit de ses mains. « Nos vignes poussent, au pied du Ventoux, au sein d’un ilot préservé par sa ceinture de bois, explique t-il. Dans cet environnement, le passage au bio nous est apparu comme allant de soi. » Sa gamme de vin porte des numéros : 444, 089, 210 et 999. Inutile d’y cherchez des références ésotériques, ces nombres correspondent simplement à des parcelles cadastrales. Mais, pour Pierry elles ont un sens, puisqu’à chacun de ces chiffres correspond un terroir bien précis. Son Ventoux rosé 2018 (8 €), appartenant à la collection 444, est épatant de fraîcheur et de vivacité. Porté par le cinsault accompagné d’une pointe de grenache, il sent la fraise et le pamplemousse. À l’approche des beaux jours, on en fait provision. Dans cette même collection, le côtes-du-Rhône rouge 2018 (8 €) cousu dans le fruit possède ce croquant des vins dominés par le grenache. Un palliatif au rosé à ceux qui préfèrent accompagner les plats d’été avec du rouge. Numéroté 089, le côtes-du-Rhône villages Séguret rouge 2018 (10 €), grenache/syrah, monte en puissance autour d’une matière dense et charnue. On attend, les premiers frimas pour l’ouvrir.

Les pionniers

Domaine de la Martinelle
Beaumes-de-Venise 2017 (16 €)

C’est l’appellation la plus confidentielle de ce domaine drivé par Corinna Faravel, dont l’accent rappelle ses origines allemandes. Entre ses mains de vinificatrice, le cru Beaumes-de-Venise, ici issu de grenache et syrah, révèle sa face cachée : une maturité explosive soutenue par une fraîcheur extraordinaire.

Domaine Le Sang des Cailloux
Vacqueyras 2016 cuvée Florette (16 €)

LE Vacqueyras dans toute sa splendeur ! Nez de fruits rouges, de fruits noirs, de sous-bois souligné d’épices et de notes grillées. Tout ceci précède le meilleur, une bouche cossue, enrobée de tannins murs et fondus, avec en prime cette sensation de minéralité qui reste longtemps en mémoire.

Domaine Réméjeanne
Côtes-du-Rhône 2018 Un Air (7 €)

Ce n’est pas la cuvée la plus connue de ce domaine, mais elle charme par son approche « glouglou » de vin de soif. Grenache et syrah s’y combinent dans une jolie expression de fruits rouges gourmands et fondus.