45 étudiants de grandes écoles françaises, anglaises (universités d’Oxford et de Cambridge) et suisses (avec l’école hôtelière de Lausanne) étaient réunis ce samedi à la Cour des Loges, à Lyon, pour s’affronter lors du 18ème défi de Bacchus, organisé par l’association œnophile « Sup’de Coteaux » de l’école de management EM Lyon.

Le concours s’articule autour de trois épreuves qualificatives: une dégustation et analyse de quatre vins blancs, le but étant de décrire le plus précisément possible le vin, et évidemment d’en trouver provenance et millésime, suivi d’un questionnaire de culture générale franchement pointu, puis de la même épreuve de dégustation mais pour les vins rouges.
Des classiques et des pièges ont composé les teams de vin : par exemple, une altesse savoyarde (du domaine Dupasquier) s’était glissé dans les blancs, ainsi que la cuvée Minna de la Villa Minna en 2008 (VDP Bouches du Rhône), déroutante pour la plupart.

Des épreuves dignes d’un concours de sommellerie

Le jury, composé de la vigneronne Christelle Betton, de l’ancien sommelier Joan Berthon (ayant notamment officié chez Gordon Ramsay à Londres) et du caviste Frédéric Schaaf, à Tassin-la-demi-lune, parrain du défi, ont eu ensuite à évaluer les prestations des trois meilleures équipes en lice pour la finale.
Sup’Agro de Montpellier, Sup’ de Coteaux 2017 de l’EM Lyon et l’ENSTA se sont donc affrontées sur des épreuves à haut stress.

Le premier candidat de chaque équipe disposait de quelques minutes pour présenter une analyse la plus précise possible d’un blanc à l’aveugle, et le chardonnay néo-zélandais (Kumeu River, 2014) choisi pour l’occasion a joué les trompe-l’œil, embarquant la plupart des candidats en Bourgogne, leur évoquant pourtant les parfums exotiques de Baudelaire, ou même les courbes de la vénus de Botticelli. La poésie n’était pas la seule invitée des présentations, et la précision ainsi que la justesse de certains ont bluffé le jury.

L’épreuve de présentation d’un vin rouge (en l’occurrence la cuvée « Espiègle » de Christelle Betton, en Crozes-Hermitage), et de conseils d’accords mets et vins, a été maîtrisée avec brio par l’équipe de l’ENSTA ParisTech, qui nous a fait voyager des halles Paul Bocuse avec la quête d’un pâté en croûte, composé de gibiers et au cœur de foie gras, agrémenté de gelée et de quelques lamelles de truffe, à un gigot d’agneau de pré salé, accompagné de petits légumes de printemps glacés et d’une purée de pomme de terre à l’ail des ours. La technicité et la précision de l’ingénieur en herbe, doublée de sa passion manifeste pour la cuisine, ont remporté tous les suffrages, et l’équipe de l’ENSTA remportera le défi 2019, devant l’EM puis Sup’Agro Montpellier.

Une éducation précoce

La plupart des étudiants présents ont déjà roulé leur bosse dans d’autres concours malgré leur jeune âge, et apprécie tout particulièrement l’esprit bon enfant doublé de l’excellent niveau de celui-ci, qui ne nuit en rien à leur envie de se tester : pour Charles Henon, étudiant de l’EM, c’est l’occasion de se lancer sur la dégustation à l’aveugle, sans chercher nécessairement le juste résultat, mais en jouant l’exercice autant que possible. Même son de cloche chez Barnabé Dhellemmes, étudiant de l’école hôtelière de Lausanne, qui s’intéresse au vin depuis ses 14 ans et qui totalise déjà cinq participations à des concours œnologiques, du haut de ses 19 ans.

La plupart d’entre eux ont reçu un début d’éducation œnologique à la maison, à l’image de l’organisatrice du défi, Mathilde Mirandon, dont les parents l’ont initiée durant son adolescence. Sup’ de Coteaux prend le relai, en permettant aux étudiants de se rendre dans des vignobles, d’acquérir également une solide base théorique, doublée de dégustations en partenariat avec des domaines parfois plus que célèbres, comme le Château Yquem.

De quoi abreuver une soif de connaissances qui semblent inextinguible pour l’ensemble des compétiteurs !