(Photo F. Hermine)
(Photo F. Hermine)

Le Domaine de La Croix et la Bastide Blanche sont désormais regroupés en une seule entité comptant 108 hectares de vignes en production et bénéficiant de la mention Cru classé de Provence.

Diane Nublat, à la tête du domaine de La Croix depuis deux ans, entend apporter un nouvel élan à la propriété, rachetée en 2001 par Vincent Bolloré. « Nous voudrions passer d’une vision très technique, qui a été nécessaire à la restructuration du domaine presqu’à l’abandon dans les années 90, à une démarche plus terroir, pour mieux faire briller le diamant ». La propriété de 260 ha dont 108 plantés en vignes, est morcelé en trois sites, celui de Tabarin autour de la cave enterrée de 3500 m2, entre le village de La Croix-Valmer et la plage de Gigaro, terre de prédilection des syrahs et des cabernets; les coteaux du saunier, en terrasses avec vue sur mer, propices au grenache et au cinsault, et le joli site de la Bastide Blanche, en bord de mer, où se plaisent particulièrement les vieilles vignes de syrah mais également grenache, rolle et tibouren. Ce morceau de terre entre le cap Taillat et le cap Lardier, était à l’origine un domaine à part entière. Réintégré dans l’entité de La Croix, il s’est transformé, cette année, en une cuvée déclinée dans les trois couleurs, tout le vignoble bénéficiant désormais de la mention Cru Classé de Provence. Ce site littoral bénéficie, de surcroit d’une cave, dédiée désormais aux blancs et aux rosés.

« Pas de grand domaine sans grand rouge »

80% du vignoble, sous la houlette du chef de culture Olivier Paques, est vendangé de nuit à la machine, les raisins pour les blancs de La Croix et les rouges sont récoltés à la main. Le domaine produit environ 720 000 bouteilles par an, à 85% de rosés, le reste à quantité comparable en blancs et rouges. « Nous avons vendu 30% de blancs en 2018 et nous pensons à moyen terme diversifier l’encépagement en particulier avec du sémillon. Mais nous voulons surtout aller encore plus loin sur les rouges avec notre œnologue Hélène Sinaeve, en collaboration avec Michel Rolland, notamment en variant les élevages. Car il n’y a pas de grand domaine sans grand rouge même en Provence. Cela permet de démontrer un vrai savoir-faire, surtout avec nos belles syrahs ». Un effervescent est également envisagé.

Le domaine exporte 30% de sa production, principalement en Europe (Espagne, Belgique, Allemagne) mais également en Russie, en Afrique, sur le marché nord-américain. « Nous ne voulons pas développer davantage l’international pour ne pas délaisser le marché français et nous pensons plutôt mettre l’accent sur les tables étoilées et les belles brasseries parisiennes » commente Diane Nublat. Autre axe de développement, l’œnotourisme. L’été, La Croix accueille déjà dans ses jardins deux concerts et des apéritifs musicaux le mercredi mais la jeune directrice souhaiterait développer encore l’accueil au public « pour voir les visiteurs se promener dans les vignes ».