(Photo Château de Putille)
(Photo Château de Putille)

A Angers, le chenin, cépage roi de l’Anjou (mais pas seulement) va être au centre de l’attention pendant trois jours entiers. Des vignerons, ampélographes, historiens et experts du monde entier sont attendus au premier Congrès international du chenin.

Le chenin, vous connaissez ? En Loire, pour les vins blancs, c’est le cépage roi de l’Anjou : Coteaux du Layon, Quarts de Chaume, Coteaux de l’aubance et Bonnezeaux (pour les moelleux), Anjou blanc, Savennières, Saumur blanc (pour les secs). 90% du chenin de Loire est planté dans le Maine-et-Loire, mais ce cépage est également à l’honneur à Vouvray, Jasnières, Montlouis. Ou encore, bien plus loin, en Afrique du Sud, où, sous le nom de « steen » (ça veut dire ‘caillou ‘), le chenin occupe 30% du vignoble.

« Une dynamique formidable autour du chenin »

« Au niveau mondial, c’est un cépage qui a du mal à se faire connaître, souligne Evelyne de Pontbriand, vigneronne du Domaine du Closel à Savennières, et co-organisatrice du Congrès. Le chenin reste beaucoup moins connu que le sauvignon ou le chardonnay. » Et même en Anjou, vignoble réputé pour vins blancs depuis le Moyen-Age, le désamour est réel, « et depuis le XIXe, on assiste en continu à un arrachage très important », relate la vigneronne. La faute revient… aux vins liquoreux. Le chenin, qui supporte le botrytis, en produit d’extraordinaires sur les coteaux du Layon. « Mais pas tous les ans, explique Evelyne de Pontbriand. C’est donc un modèle économique très compliqué pour ceux qui en font. »

Heureusement, le chenin permet également – et c’est toute sa richesse – de produire de fabuleux vins blancs secs, qui savent raconter leur terroir. « Et aujourd’hui, il y a une dynamique formidable autour du chenin, parmi les vignerons, mais aussi les sommeliers, les cavistes, les restaurateurs… » s’enthousiasme la vigneronne.

Le Congrès mondial du chenin, rendez-vous dédié aux professionnels, vise à surfer sur cette tendance, et à l’alimenter de contenu technique pointu. Mais c’est aussi « un prétexte » pour débattre sur des thématiques qui concernent tous les vignobles du monde, à commencer par les dérèglements climatiques. Ou encore, sujet sensible, l’arrivée de variétés résistantes (au mildiou et à l’oïdium), dont certains redoutent qu’elles supplantent un jour les cépages de terroir comme le chenin.

Pratique. Congrès international du chenin, du 1er au 3 juillet 2019, à Angers. 130€/jour pour les amateurs de chenin. Programme complet et réservation sur cbic2019.com