(photo : Guillaume Rivière)
(photo : Guillaume Rivière)

Le vignoble de Bergerac-Duras est situé au cœur du Périgord pourpre. Et, dans ces vignes, entre Dordogne et Lot-et-Garonne, la part de vignerons faisant le choix du respect de l’environnement et des paysages, grâce à l’agriculture biologique, ne cesse de progresser. Au cœur du Périgord pourpre, des vignerons aux mains vertes qui nous ont ouvert leurs portes pour une Escapade publiée dans le Terre de Vins 59, actuellement en kiosque.

Épisode 5/6 : Mouthes Le Bihan, à cheval sur la bio

Installés près de Saint-Jean-de-Duras, Cathy et Jean-Mary Le Bihan n’avaient pas l’intention de devenir vignerons. Ironie du sort, que cette position de leader qu’ils ont désormais au sein de leur appellation Côtes-de-Duras.
En 1997, Cathy veut lancer son activité de poulinière de pur-sang arabes, dont elle a toujours rêvée. Ils repèrent des terres à Mouthes, et décident d’y installer leur vie. Accessoirement, c’est en appellation Côtes-de-Duras. Et il y a 5 hectares de vigne, quelques rangées de pruniers sur le terrain. Ils arracheront plus tard, se disent-ils. « À l’époque, on aimait le vin, mais on ne regardait pas ça de près », se souvient Jean-Mary. Finalement… pourquoi ne pas essayer de faire entretenir cette vigne par quelqu’un qui s’y connaît ? Jean-Mary est à l’époque entrepreneur agricole : en échange de travaux chez un viticulteur, celui-ci vient s’occuper de sa vigne, le raisin étant destiné au vrac. Mais l’envie d’essayer titille le couple, juste pour voir. En 1999, Jean-Mary et Cathy récupèrent quelques vieilles barriques, vinifient un peu de raisin et goûtent. Ils aiment, se disent qu’il y a du potentiel sans trop savoir où ils vont : « On voulait faire les vins qu’on aime, sans utiliser de traitements chimiques, parce que c’est notre philosophie. Et, s’il n’y avait que nous que ça intéressait, alors on arrêterait ! » se souvient le néo-vigneron. Qu’à cela ne tienne, en 2000 un chai est construit rapidement pour recevoir la première vendange. Le couple se forme à la vigne et à la cave, et les bouteilles se vendent ! « On a tout de suite travaillé en bio, dès 2000, mais sans certification au début. » Ils prennent le label en 2006, et demandent la certification biodynamique Demeter à partir de 2013. Pourquoi ? « Les grosses émotions de vin qu’on a eues venaient toujours de vins travaillés comme ça. »
5 hectares supplémentaires en 2008, nouvelles plantations en 2014, c’est désormais sur 22 hectares que les Le Bihan travaillent, accompagnés par Clémence, leur fille cadette, ayant rejoint le domaine l’année dernière. Sur les 10 hectares de blancs, la part belle est faite au sémillon, cépage qu’ils affectionnent particulièrement : « C’est notre patrimoine à Duras, il faut le préserver, je n’aime pas cette mode, dans l’appellation, de l’arracher pour le remplacer absolument par du sauvignon », milite Jean-Mary. De fait, Pérette et noisetiers (28 €) en 2014 est un sémillon qui exprime la bergamote avec beaucoup de tenue et une finale aux menthols rafraîchissants. Ne manquez pas leurs Pie Colette (9,50 €), dans les trois couleurs, des « canons » élaborés, croquant le fruit et représentant leur terroir. Bien élevé, et plus raffiné, Les Apprentis 2015 (20 €) se compose de merlot majoritaire, complété par du cabernet franc, un autre niveau de classe et de concentration aromatique, superbe avec une belle tranche de bœuf maturé grillée.

47120 Saint-Jean-de-Duras
05 53 83 06 98 – Site internet