(Photos ©Clos de l'Ours)
(Photos ©Clos de l'Ours)

Les enfumages tendent à se généraliser et pour la première fois ont été utilisés en Provence pour tenter de lutter contre l’épisode de gel du début de semaine. Un procédé, certes pas la panacée, mais plutôt efficace quand les températures ne descendent pas sous les 3°C et bien moins onéreux que chaufferettes et hélicoptères.

Les vignerons de Provence ont connu une belle frayeur en début de semaine. Plane toujours le fantôme des épisodes de gel des printemps 2017 et surtout 2016 qui avait impacté environ 20% du vignoble mais plus de 70% dans des secteurs comme Correns. Panique à bord donc le week-end dernier à l’annonce de températures négatives pour la nuit de dimanche à lundi et la nuit suivante. Une inquiétude d’autant plus vite qu’il n’y a plus de mistral dès lundi pour protéger et assécher le vignoble. Qu’à cela ne tienne, les vignerons décident des enfumages empiriques qui jusqu’à présent n’avaient guère été pratiqués dans la région. « Aucun domaine n’avait encore utilisé cette technique par ici mais comme quasiment tout le département était menacé de températures entre -1° et -2°, c’était jouable. Au-delà, il y avait moins de chance que ça marche », explique Thomas Giroud, directeur du syndicat des Coteaux Varois en Provence.

« Il a fallu réagir très vite »

Les vignerons ont découvert chez des confrères d’autres régions plus septentrionales le système des enfumages pour créer un brouillard protecteur contre les premiers rayons du soleil qui peuvent brûler les bourgeons gelés. « Une bonne vingtaine de domaines l’ont utilisé et les coopérateurs se sont également mobilisés pour enfumer la plaine de Saint-Maximin, raconte le président Eric Lambert. Mais comme il a fallu réagir très vite, ça a manqué d’organisation et les feux étaient un peu anarchiques. Les pompiers et certaines mairies n’étaient pas très contents mais ça a sauvé la récolte! ». Très peu de dégâts ont été enregistrés sauf sur certaines parcelles hors AOC, dans des bas-fonds humides le long du Caramany vers Brignoles.

Mailler et diffuser les infos

En Côtes-de-Provence, le secteur de Cotignac était également menacé avec des températures descendues à -2,5°. Les domaines du Clos de l’Ours et Carpe Diem se sont rapprochés pour créer des feux sur leur vignoble. « En 2016, 40% de nos vignes avaient été détruites par le gel, 85% en 2017 donc on s’est activé pour échapper au pire, raconte Fabien Brotons du Clos de l’Ours. Pierre Michelland du domaine de La Réaltière en Coteaux d’Aix avait utilisé cette technique en 2017 et c’est lui qui nous a renseignés. On a brûlé pas mal de paille entre 5h et 8h du matin ».

Désormais, une réflexion va être menée au niveau syndical pour créer un maillage et mieux organiser la riposte en cas de menace de gel. « Nous allons sans doute nous rapprocher des ODG du Val de Loire et de Bourgogne qui ont hélas l’habitude de cette pratique et diffuser les renseignements auprès de nos vignerons, explique Thomas Giroud. Mais cette année, il faut reconnaître que ce sont les réseaux sociaux qui ont diffusé les infos ».