Il y a 70 ans, Maurice Drouhin, à la tête de la maison créée par son père Joseph, faisait don d’un tiers de son domaine aux Hospices de Beaune. Un total de 2,5 hectares de Beaune Premiers Crus. Une donation qui ne doit rien à un coup de tête…

La reconnaissance pour une vie sauve ? Probablement. En 1947, Maurice Drouhin fait don d’une bonne partie de son domaine aux Hospices de Beaune. Des vignes en beaune premiers crus. Le leg fait suite aux évènements tragiques qui viennent de secouer l’Europe et dont le producteur bourguignon s’estime heureux d’en être sorti vivant.

Le 7 juin 1944, au lendemain du débarquement, Maurice Douhin échappe à la police allemande en s’enfuyant par le réseau de caves dont le sous-sol de Beaune est parsemé. Il se sait recherché : ses activités de résistance ne sont pas un mystère. Il a fait déjà sept mois de prison pendant l’Occupation, ne devant qu’une relative clémence germanique à un acte de bravoure pendant la Première guerre mondiale. Il avait reconduit un soldat allemand blessé dans ses lignes. Une guerre pendant laquelle il fera la connaissance du général Mc Arthur qui eu recours à ses services comme interprète. C’est donc assez naturellement qu’il devint officier de liaison clandestin pendant le conflit mondial suivant.

Maurice Drouhin trouva refuge à l’Hôtel-Dieu de Beaune, caché et nourrit par les sœurs. Se terrant dans un réduit de quelques mètres carrés, il communiquait avec sa famille par l’intermédiaire d’une religieuse qui se plaçait opportunément près de la femme du fugitif pendant les offices. Il faudra attendre la libération de la ville, 3 mois plus tard, pour qu’il puisse sortir de sa cachette.

Ses petits enfants, à la tête aujourd’hui de la maison, tiennent à prolonger cette histoire en achetant tous les ans aux enchères une partie au moins de la cuvée de beaune premier cru « Maurice Drouhin ».
En 2017, pour le 70ème anniversaire de la donation de parcelles, la famille Drouhin a acquis l’intégralité des 23 pièces (fûts de 228 litres) mises en ventes. Une cuvée vinifiée sur-mesure par la régisseur Ludivine Griveau dans le style Drouhin : en finesse et en élégance.

La famille avait réuni le 18 juin dernier, des clients, des amis, quelques journalistes pour rendre hommage à leur grand-père ou arrière-grand-père.