(Photo F. Hermine)
(Photo F. Hermine)

Avec un joli millésime 2018 qui regagne en volume, les bordeaux blancs vont pouvoir faire la fête et tenter de reconquérir des consommateurs, toujours grâce à leur rapport prix-qualité-plaisir imbattable.

Le joli millésime 2018 en bordeaux blancs devrait aider à pousser la couleur après le gel de 2017 (-39% des volumes) qui avait mis à mal les stocks. Après une période pluvieuse au printemps, un été ensoleillé et des vendanges précoces – les 100 jours entre la fleur et la récolte se raccourcissent – voici le millésime 2018. Il a certes souffert de périodes de grêle en avril et en juillet qui ont touché 10 000 hectares et subi les attaques virulentes de mildiou mais la récolte avoisine quand-même les 315 000 hl pour 6000 hectares de vignoble dédié, soit 10% de la surface de Bordeaux-Bordeaux Supérieur (202 446 hl en 2017, 356 266 hl en 2016). De quoi rassurer les 680 producteurs en AOC Bordeaux blanc. « Notre force reste dans les beaux rapports qualité-prix-plaisir » rappelle Marc Médeville, vice-président du syndicat des Bordeaux-Bordeaux Sup. « On avait des degrés un peu plus élevés que d’habitude mais nous avons pu maintenir de l’acidité dans les assemblages » estime Jonathan Ducourt des châteaux d’Haurets et Larroque « On a sorti de petits rendements mais pour une belle complexité » selon Sarah Simon du Domaine de Saint Amand. « C’était quand même un millésime compliqué , il fallait être rapide et réactif à la vigne pour lutter contre le mildiou » reconnait Camille Giai du Château Roquefort. « On constate de plus en plus de diversité aujourd’hui dans les cépages de blancs même si on reste majoritairement sur le sauvignon » constate Stefaan Massart du Château Vilatte. Le sémillon regagne en effet du terrain ; sauvignon gris, muscadelle et colombard diversifient les assemblages.

Du fleuve au comptoir

Malgré ces bons indicateurs, le marché peine à se développer « peut-être parce que les négociants n’y croient pas assez ou reconvertissent les surfaces pour élaborer du crémant de Bordeaux » avoue Bernard Farges, président du syndicat des bordeaux et bordeaux supérieur. Les propriétés, qui produisent jusqu’à 40 % de blancs, les vendent pourtant bien grâce à un excellent rapport qualité-prix, entre 5 et 8 € en moyenne. Les bordeaux blancs réalisent 45% de leurs ventes à l’international. « C’est beaucoup comparé aux 15% des graves par exemple, ce qui en fait l’appellation bordelaise la plus exportée, mais nous aimerions aussi reconquérir les consommateurs bordelais ». Dans les années 50-70, les blancs secs qui représentaient 60% de la production, étaient les blancs de comptoir.

En 2019, Bordeaux va miser à nouveau sur ses vins blancs avec une nouvelle opération de grande envergure qui devrait être programmée pendant la fête du fleuve du 20 au 23 juin prochain. La manifestation, orchestrée par le CIVB et les différents syndicats de vins blancs, sera baptisée « Bordeaux fête ses vins blancs » et sera accompagnée d’actions de promotion dans les restaurants de la capitale aquitaine. Une première qui vise à reconquérir les consommateurs de la région.