La cave coopérative gardoise propose depuis la fin 2015, un vin doux que lui réclamaient ses consommateurs. Un véritable défi sur un créneau déjà fort concurrentiel.

Lancer un Muscat en terre de Costières de Nîmes… Il fallait oser, alors que la concurrence fait déjà rage sur le secteur de ce vin doux. C’est pourtant le pari tenu par la coopérative les Vignerons Créateurs à Bellegarde dans le Gard. Depuis les fêtes de fin d’année, ils proposent dans leur trois magasins, ainsi que chez le caviste Vin de Nos Pères à Nîmes, un Muscat issu de vignes âgées d’environ dix ans.

« Il s’agit en fait d’une demande publique », justifie Frédéric Senac, le directeur de la cave. « Lors des Jeudi’Vins (soirée de dégustations de Costières organisées en centre-ville de Nîmes chaque jeudi d’été, ndlr), une clientèle de moins de 30 ans, et notamment féminine, nous demandait un vin sucré… que nous ne pouvions leur proposer. » Qu’à cela ne tienne, puisque les vignerons adhérents de la coop’ cultivent environ 2 hectares de muscat, jusqu’ici destiné à des assemblages où il se trouvait minoritaire, autant le valoriser davantage en proposant un packaging dédié.

Bouchon à vis de couleur rose, étiquette en forme de goutte d’eau habillée de couleurs vives… Les vignerons créateurs de Mille Douceurs, nom de cette cuvée, ne cachent pas leur cible. « Les premiers retours sont bons », assure Frédéric Senac. Producteurs de deux AOC Costières de Nîmes et Clairette de Bellegarde, ainsi que d’IGP d’Oc et Gard, les Vignerons Créateurs étoffent donc leur gamme avec ce Vin de France proposé à 6, 60 euros la bouteille. « Nous souhaitons valoriser davantage nos productions grâce à des vins que nous conditionnons nous-même », poursuit Frédéric Senac. Forte d’un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros, la cave conditionne aujourd’hui 15 000 hl sur une production de 80 000 hl. « L’objectif serait d’arriver à 20 000 hl d’ici cinq ans. »