Le nouveau film de Cédric Klapisch, intitulé « Ce Qui Nous Lie », sort sur les écrans ce mercredi 14 juin. Une ode au vin et à la Bourgogne pleine de justesse.

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Qui ne se souvient pas d’ « Un air de famille », de « L’auberge espagnole », des « Poupées russes » ou de « Casse-tête chinois » ? Cédric Klapisch a imposé son amour des gens sur grand écran depuis maintenant près de 30 ans. Son nouvel opus ne déroge pas à la règle et nous donne à découvrir le quotidien d’une fratrie que le destin réunit en Bourgogne. La toile de fond est plantée dès les premières images avec une succession de paysages viticoles d’une rare beauté. Le vin, la vie dans un domaine viticole seront donc les thèmes centraux. Pas étonnant quand on connaît l’œnophilie de Cédric Klapisch. Et disons le de suite, la vie d’un domaine est rendue de manière absolument admirable. Les gestes, le vocabulaire, les réalités présentées sont en totale adéquation avec la réalité du terrain. Cela doit beaucoup au rôle de conseiller de Jean-Marc Roulot, grand vigneron de Meursault. La complicité née de sa rencontre avec Cédric Klapisch il y a 25 ans, l’a convaincu d’apporter un regard technique sur le scénario. Cet exercice trouve évidemment son prolongement dans le film. Acteur reconnu (son rôle dans les « Saveurs du palais » aux côtés de Catherine Frot était admirable), Jean-Marc épaule dans le film les trois principaux acteurs du film que sont Pio Marmaï, Ana Girardot et François Civil. Chacun d’eux joue avec franchise, sincérité. Ils sont crédibles dans le rôle de cette fratrie bourguignonne élevée dans un domaine par un père parfois rugueux qui aura fini par faire fuir à l’autre bout du monde Jean (Pio Marmaï), l’aîné. Mais la mort du patriarche va le contraindre à revenir sur les terres familiales qu’il pensait anecdotiques. Il y redécouvrira l’amour de la terre natale.

Un film attachant

On pourrait voir ce film comme un cours accéléré de ce qu’est le monde viticole actuel aujourd’hui. Bien sûr, difficile d’aborder tous les sujets en 1h53. Mais Klapisch réussit le tour de force d’en offrir une vision juste. Le fil rouge est évidemment celui de la succession avec son lot de désillusions, de dépit. A ce titre, le huis clos où les trois frères et sœur se retrouvent dans la maison pour discuter du chemin à suivre éclaire sur le tiraillement des sentiments qui s’exprime alors généralement. Vendre et profiter d’une certaine fortune ou conserver le patrimoine familial mais au prix de cessions partielles pour payer les frais de succession ? Des interrogations profondes auxquelles Juliette (Ana Girardot) doit ajouter la reprise des rênes du domaine. Un exercice complexe, où le doute est permanent mais où il faut réussir à se faire confiance pour imprimer sa propre marque et se détacher, dans une certaine mesure, des traditions. S’imposer également en tant que femme dans un monde encore dominé par les hommes. Là encore, le film émeut car il retranscrit fidèlement le quotidien dans les vignes. D’ailleurs, au fil des minutes qui s’égrènent, le sentiment de regarder un documentaire s’impose progressivement. Ce côté docu-fiction voulu par Klapisch interpelle, fait réfléchir. Les acteurs sont tous admirables, d’autant plus lorsque l’on sait qu’ils étaient pour certains néophytes en vin avant le tournage ! Mais l’on ressort un peu sur notre faim car si l’histoire est attachante, elle est malgré tout un peu lisse et aurait pu offrir davantage de profondeur aux relations entre les personnages. L’on passe toutefois un vrai bon moment, certaines scènes resteront dans les annales comme lorsque Jérémie (François Civil) bafouille ses quatre vérités à son beau-père ou plus généralement la scène de la paulée. Un moment de fraternité et de partage qui rappelle que, tout difficile que soit le monde du vin, il sait offrir des moments vibrants qui participent à sa magie et contribuent à la passion qu’il suscite chez les amateurs du monde entier.

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Photo © EMMANUELLE JACOBSON-ROQUES – CE QUI ME MEUT