(Photo F. Hermine)
(Photo F. Hermine)

Le Château Malherbe investit dans une nouvelle cave signée Jean-Michel Wilmotte et bientôt dans l’œnotourisme après avoir revu encépagement et vinification.

La Malherbe, l’ancienne ferme du Fort de Brégançon revoit encépagements et vinifications depuis 2-3 ans pour une meilleure identification des vins entre le Château Malherbe et La Pointe du Diable. Les deux vignobles situés à Bormes-les-Mimosas (83) sont distants de quelques centaines de mètres mais bénéficient de terroirs très différents bercés par les brises marines, le premier à flanc de coteaux sur argiles et schistes rouges, le second les pieds dans l’eau sur des alluvions parsemées de quartz. « Comme la pointe du Diable est une partie de la propriété, il arrivait, selon les millésimes, que certains raisins rentrent dans les assemblages de Malherbe mais aujourd’hui nous préférons avoir des vins bien distincts, explique le directeur technique Arnaud Ferrier. Les vielles parcelles de rolle, grenache et mourvèdre ont été ‘rajeunies’ par complantation de jeunes vignes et grâce à des porte-greffes qui porteront bientôt les bois en sélections massales du domaine. L’objectif est de développer rouges et rosés sur La Pointe du Diable où nous avons dû arracher les rolles qui avaient tendance à dépérir à cause des remontées salines ». Le Pointe du Diable a disparu depuis le millésime 2016 mais le Grand Blanc de Malherbe (créé en 2011) devrait monter en puissance, la vinification en demi -muids ayant été abandonnée au profit des œufs béton pour davantage de finesse et d’élégance. Le domaine a d’ailleurs une belle notoriété sur ses blancs issus de rolle-sémillon, vendangés tardivement pour une maturité optimale. Les rolles de la bande littorale ont donc été remplacés par des cinsault et des grenaches « avec un tiers de la parcelle irriguée au goutte à goutte pour retenir le sel sous la terre comme en Camargue, précise Arnaud Ferrier. L’expression du terroir sera moins forte d’où une production accrue de rosés uniquement de saignée ».

Nouveau chai en chantier

Chamboulement également dans les vinifications avec un travail à basse température des grappes entières vendangées à la main -c’est dans l’ADN de la maison insiste Sebastien Ferrari- pour limiter les extractions colorantes, en particulier sur les rosés éclaircis depuis deux ans et qui représentent aujourd’hui près de la moitié de la production. « Depuis trois millésimes, on loue des caissons froids qui font descendre les raisins à 2ºC mais dans la nouvelle cave, les chhambres froides seront intégrées aux installations « précise Arnaud Ferrier qui a changé son thermomètre d’épaule après un voyage d’études dans les domaines d’Afrique du Sud. Les travaux de la nouvelle cave démarreront en janvier. « L’’ancienne était devenue un peu étriquée pour vinifier une vingtaine d’ha avec une dizaine en potentiel mais sans négoce », souligne Sébastien Ferrari. Le nouveau bâtiment de 1000 m2 enterrés (au lieu des300 actuels) a été confié à l’architecte Jean-Michel Wilmotte avec comme principale consigne aucun changement visuel vu de l’extérieur. Il devrait être opérationnel pour la vendange 2020. Autre projet dans les tonneaux : le développement de l’œnotourisme avec l’embauche de deux personnes dédiées et la création de chambres d’hôtes pour 2021.

Château Malherbe est présent à Lyon Tasting les 10 et 11 novembre, stand A5.