Gérer la pression de mildiou, éviter la surmaturité et ne pas tomber dans la surextraction… Tels étaient, selon l’œnologue du laboratoire bordelais Oenoconseil, les trois écueils à contourner en 2018 pour « faire bon ».

« Il y a eu une grosse pression de mildiou en juin. Ca a été compliqué dans certains secteurs et propriétés, rappelle Antoine Médeville. Ca n’a pas joué sur la qualité, mais a engendré des baisses de quantité, avec des rendements parfois presque à un chiffre. Sur la date de récolte ensuite, comme il faisait très beau, les viticulteurs ont souvent eu tendance à attendre encore et encore. Ils sont arrivés à des arômes et tanins en surmaturité, moins de fruit et de tension, de gros degrés alcooliques, un manque d’acidité… Avec au bout des vins plus lourds, et de moindre garde. Je pense qu’il faut ramasser pour conserver une certaine fraîcheur, au moment où on sait qu’il y a un taux maximum d’anthocyanes, qui a tendance à chuter. Il faut donc essayer de vendanger entre le côté aromatique, le maximum de matière colorante et la maturité des tanins, sans aller chercher la surmaturité. Enfin, il faut faire attention lors des vinifications à ne pas surextraire, en faisant trop de remontages ou en augmentant trop en température. En cherchant sans cesse plus de tanins, on extrait aussi ceux des pépins, les moins nobles et les moins mûrs. Ca peut faire des vins très tanniques, mais aussi avec une petite pointe d’astringence et de rusticité sur la fin. Il fallait aussi être vigilants sur les fins de fermentations, certaines ont été un peu difficiles cette année. »