Remaniement d’envergure des bâtiments avec notamment un nouveau chai, changement de noms et d’étiquettes des 2e et 3e vins sur le millésime 2018… Ce millésime marque-t-il le début d’une nouvelle ère pour le cru classé de Pessac-Léognan ? La réponse de sa directrice, Véronique Sanders.

« C’est une jolie question ! Oui, certainement. On avait déjà beaucoup de projets dans les tuyaux du temps de Bob Wilmers, la plupart d’entre eux voient le jour avec l’arrivée de la nouvelle génération familiale, et vont continuer pendant deux ou trois ans. Il y a beaucoup de choses qui bougent à Haut-Bailly, dans une belle dynamique ! » expose Véronique Sanders. Quel est l’impact attendu sur les vins du nouvel outil technique, opérationnel pour le millésime 2020 ? « On a toujours considéré qu’un grand vin se faisait à 90% à la vigne, répond la directrice, mais si on réalise ces nouveaux chais, c’est évidemment pour nous permettre d’aller encore plus loin techniquement. Nos métiers ont beaucoup changé depuis vingt ans, on veut se donner les moyens de rester à la pointe dans cinq, dix ou vingt ans. Ce nouvel outil, qui intègre notamment une très forte composante environnementale, nous permettra de travailler toujours mieux. Les bâtiments existants, seront quant à eux réhabilités pour servir l’œnotourisme, avec un achèvement prévu fin 2021.» Pour l’heure, les regards sont tournés vers le millésime 2018, qui se dévoile en primeurs. « On est passés de l’enfer au paradis dans la même année. Le résultat, c’est un vin un peu hors normes, exceptionnel, incroyablement équilibré malgré une concentration et un niveau d’alcool très élevé, même plus qu’en 2010. Et malgré tout, il y a un sentiment de suavité, de soyeux, un grain de tanins d’une finesse et d’une précision fabuleuse. Ce 2018 est à la fois puissant, et merveilleusement doux et onctueux. »