Un important chantier de rénovation du cuvier, du chai, mais aussi des bureaux et espaces réceptifs du 5e grand cru classé de Pauillac a débuté en 2017, avec une livraison prévue fin 2019. Quelles répercussions attendues sur les vins ? La réponse de Jean-Charles Cazes.

« On a trois grands axes d’amélioration lors de ces travaux, avec pour but d’augmenter la qualité de nos vins vers plus de définition, de précision des tanins, d’élégance. D’abord, l’arrivée vendanges est plus ergonomique, on revient au gravitaire, utilisé à Lynch-Bages jusqu’en 1975, pour un respect du fruit jusqu’à son encuvage. Des cuves ascenseur permettront également de faire les opérations de macération, délestage, remontage par gravité. Ensuite, le nombre de cuves a doublé, passant de 40 à 80. Sans augmenter la capacité totale de la cuverie, on diminue par deux la contenance moyenne des cuves, pour avoir une palette plus proche du redécoupage parcellaire entamé depuis 2007, qui nous a fait passer de 80 à 180 parcelles aujourd’hui, avec des zones plus homogènes. Cela nous permettra d’être plus précis, en séparant des lots jusqu’à l’assemblage final. Enfin, pour l’élevage, on passe d’un chai de 2200 m² à 4000 m², ce qui va nous permettre d’élever les barriques de deux millésimes côte à côte sans bouger. » Ce nouvel outil accueillera sa première vendange en 2020, mais pour l’heure, le 2018 qui se dévoile « se positionne sans aucun doute parmi les grands millésimes de la propriété, dans la catégorie des 2005, 2009, 2010, 2016… Il est très concentré et structuré, avec des équilibres assez extraordinaires d’alcool, une richesse de tanins, le tout soutenu par une belle acidité, car on n’a jamais eu de canicule extrême. »