A la tête d’une dizaine de domaines sur les deux rives bordelaises et de la maison de négoce Borie-Manoux, Philippe Castéja est enthousiaste sous ses deux casquettes en ce millésime 2018.

« Pour le propriétaire, c’est un très grand millésime dans l’ensemble de nos propriétés, homogène et de belle qualité sur les deux rives. On a fait attention à faire des vinifications très fraîches pour garder du fruit. Pour le négociant, c’est aussi satisfaisant parce que nous savons que les clients goûtent de très bons vins, et que nous achèterons de bons produits. » En terme de tendances de prix, « il faut laisser du temps au temps » répond, prudent, Philippe Castéja. « Il faut que chacun prenne sa mesure. Le prix c’est tout un historique. Le viticulteur doit tenir compte de sa politique sur les cinq ou six derniers millésimes, du succès remporté lors de ses mises en marché, du suivi qu’il y a eu lors des livrables… Pour le négociant, il y a le fait de savoir combien il veut prendre et peut mettre en stock, l’historique avec une marque, quel succès il a eu avec ses produits, s’il a la clientèle adaptée… Ensuite seulement, il verra avec le prix. Souvent les gens veulent une réponse simpliste ‘ça va rester stable, monter, baisser’, mais c’est difficile de donner une réponse unique, ça dépend de ce qu’a été la politique de la propriété avant. Des propriétés vont certainement monter leur prix, mais elle auront probablement des raisons pour ça, et ce sera très bien compris, pour d’autres ce sera moins compris, des propriétés vont aussi rester stables… La qualité jouera aussi, certaines propriétés ont fait des qualités somptueuses, le consommateur sera demandeur. »