Alors que les électeurs sont invités à se rendre aux urnes dans les 27 États membres de l’Union européenne entre le 23 et le 26 mai 2019 pour élire les députés du Parlement Européen, faisons le point sur l’Europe du vin.

D’après des chiffres compilés en 2018 par Vin & Société, l’Europe est le premier producteur et premier exportateur de vin au monde. 61% des volumes de vin produits dans le monde viennent de l’Union Européenne, qui est aussi le premier exportateur en valeur – les États-Unis sont le premier marché d’exportation des vins européens, en volume comme en valeur. Les produits viticoles constituent le premier secteur agricole en valeur dans l’Union Européenne.

Côté consommation, les Européens représentent 63% de la consommation mondiale de vin : les deux-tiers des vins produits en Europe sont consommés par des Européens. 118 millions d’hectolitres de vin ont été consommés par les Européens en 2016.

Côté surface viticole, la vigne couvre 3,2 millions d’hectares en Europe, ce qui correspond à 43% du vignoble mondial en surface et à 12 fois la superficie du Luxembourg !

Trois pays, France, Italie et Espagne concentrent à eux seuls 83% de le production de vin européen et 75% de la surface européenne de vigne. On recense plus de 3000 produits à indication géographique en Europe, dont 1291 AOP et 459 IGP pour les produits viticoles. L’Italie est en tête (474 AOP viticoles, 129 IGP) suivie de la France (368 AOP viticoles, 74 IGP) et de l’Espagne (100 AOP viticoles, 45 IGP).

L’Europe, c’est aussi un dispositif de soutien à la production agricole qui inclut bien entendu la viticulture. Les aides publiques européennes pour la seule viticulture française s’élèvent à plus de 300 millions d’euros par an, aussi bien pour de nouvelles plantations et restructurations de domaines que pour des aides à l’investissement dans les chais et la vinification ou pour la promotion du vin français dans et hors des pays de l’Union Européenne.

L’Europe, enfin, c’est un ensemble de législations et réglementations parfois complexes et soumises à de forts groupes de pression, comme on a pu le constater avec le glyphosate, la question des levures et la traçabilité de leur provenance, ou encore la transparence des produits utilisés dans la viticulture bio comme conventionnelle – nous y reviendrons.

Pour une région du monde qui produit du vin depuis plusieurs millénaires, qui a vu bon nombre de ses paysages façonnés par le développement de la vigne et qui a fait du vin l’un de ses plus forts arguments économiques, on voit bien que là aussi, l’Europe n’est pas simple à appréhender.