(Photo L. Bernaulte)
(Photo L. Bernaulte)

En ce début de semaine, l’appellation médocaine conviait 200 professionnels bordelais à découvrir son dernier millésime embouteillé au Café Maritime, à Bordeaux.

« C’est un top vintage à Saint-Estèphe ! » Bernard Audoy, le président de l’appellation et propriétaire du cru classé Cos Labory et du cru bourgeois Andron Blanquet ne cachait pas hier son enthousiasme pour ce 2016. Alors que le 2018 naît doucement dans les chais, 41 propriétés de l’appellation médocaine mettaient sur le devant de la scène leur dernier millésime fraîchement embouteillé. D’une grande homogénéité sur l’ensemble de l’appellation, ce 2016 a l’étoffe des grandes années. Il allie puissance et structure, avec des vins riches et complexes, tension caractéristiques du millésime, et grande buvabilité, à peine deux ans après les vendanges.

Pour mémoire, 2016 a climatiquement fait frémir les vignerons (voilà qui n’est pas sans rappeler 2018…), avec une pluviométrie record de janvier à juin, à laquelle a succédé un été au climat méditerranéen, très chaud et sec. Ces conditions auraient pu engendrer un problématique blocage, mais « l’alternance de nuits fraîches et de journées ensoleillées, ainsi que la composition d’argile et calcaire des sols de l’appellation, ont permis au vignoble de Saint-Estèphe de parfaitement gérer le manque d’eau » constate Bernard Audoy. La maturation s’est achevée à merveille grâce à un providentiel épisode pluvieux mi-septembre, suivi d’un temps à nouveau sec. Cette conjoncture a permis des vendanges idylliques, « sans aucun stress, les plus tardives, les plus longues et les plus paisibles de l’histoire de l’appellation. »

Véronique Dausse, directrice générale du château Phélan-Ségur, a elle aussi le sourire lors de cette journée de présentation du millésime. Dithyrambique, elle ne tarit pas d’éloges sur le 2016 de la propriété, assemblage à 55 % cabernet franc et 45 % merlot. « Les merlots sont exceptionnels, comme on n’en a jamais faits, charnus, juteux, aromatiquement incroyables, avec une puissance inédite » expose-t-elle. A peine en bouteille, les vins sont « mûrs, souples, avec du fruit et de la fraîcheur. Ils sont déjà goûteux, abordables dans leur jeunesse, beaucoup plus qu’en 2010, mais la structure et la grande qualité de tanins permettent également un énorme potentiel de garde. » Bref, « ce 2016 s’annonce comme  un énorme millésime avant 2018… » Pour 2018 et au-delà, la directrice générale est confiante, elle qui affirme : « avec nos argiles, on a un terroir taillé pour l’avenir ! » Saint-Estèphe, vers l’infini, et au-delà…