On pousse les murs au Château Tour des Termes, cet historique Cru Bourgeois de Saint-Estèphe qui aime le merlot. A l’approche du nouveau classement, la famille Anney qui pilote le domaine s’agrandit. Aurélie rejoint son père Christophe avec dans ses cartons beaucoup d’envie et un distributeur. Les derniers millésimes à la vente, 2014, 2015 et 2016 montrent déjà que les vins sont en place. L’histoire est en marche. Interview croisée pour Terre de Vins.

Aurélie, comment faites-vous votre place au sein de l’équipe ?
Après mon diplôme en 2013 d’un MBA spécialisé en vin à l’INSEEC, et environ 6 années d’expériences au sein de plusieurs maisons de négoce bordelaises, j’ai pris mes fonctions de directrice commerciale au Château Tour des Termes fin 2018, propriété appartenant à ma famille depuis cinq générations, que dirige actuellement mon père. J’ai toujours évolué en ce sens, et c’est un grand honneur et une satisfaction personnelle de prendre ces fonctions. L’équipe du Château est constituée depuis de nombreuses années, dont certains piliers m’ont vu naître. Ils font partie de la famille Tour des Termes. J’ai toujours été impliquée, je suis toujours venue aux vendanges. Je gère notamment les réseaux sociaux depuis le début, et nous discutions déjà très régulièrement des décisions à prendre avec mon père. L’équipe est expérimentée et soudée, et je suis très motivée par l’enthousiasme avec lequel ils accueillent mes idées.

Avec quelle ambition ?
Je souhaite aujourd’hui faire du Château Tour des Termes un Saint-Estèphe de renommée mondiale. Nous avons un mode distribution unique qui fait notre force : nous travaillons avec la Place de Bordeaux pour l’export, et nous nous réservons le marché français. J’accompagne le négoce à l’étranger pour promouvoir nos vins, et voyage également par le biais des Crus Bourgeois du Médoc dont je suis administratrice. Sur le marché français, la Grande Distribution est totalement proscrite, et nous nous concentrons sur le secteur traditionnel de qualité. Nous assurons la vente en direct auprès des professionnels, et fonctionnons en exclusivité avec des agents ou distributeurs sur des régions ciblées. Nous sommes par exemple très bien distribués sur Paris depuis les années 90. Ce contrôle de distribution implique beaucoup de travail, mais protège nos partenaires et génère une synergie qui fait notre renommée.

L’équipe s’est également étoffée ?
Avant mon arrivée, j’ai suggéré à mon père de travailler le marché bordelais. A l’instar du cordonnier qui serait mal chaussé, nous étions mal implantés dans la capitale du vin ! Nous avons donc décidé de prendre comme agent Benjamin Jeantet Marconi, qui a fondé sa propre société de distribution Tara Wine il y a deux ans, et qui nous accompagne depuis. Un gros travail de prospection a été mis en place, et nous sommes aujourd’hui dans une soixantaine d’établissements sur le seul département du 33 : cavistes, restaurants (dont des étoilés). Nous avons mis en place des master class auprès des restaurateurs où nous formons les forces de vente à notre gamme de vins et notre histoire. Nous nous retrouvons également pour animer en binôme des dégustations, ou lors de déjeuners avec nos clients au Château Tour des Termes. Son travail participe grandement à la renommée de notre marque, et nous voyageons parfois ensemble !

Christophe, l’arrivée de votre fille est-elle une étape importante ? Comme s’opèrent les décisions désormais ?

Notre métier a beaucoup évolué depuis mon arrivée en 1983. Il est nécessaire aujourd’hui d’avoir des compétences beaucoup plus élargies vers le commercial et les réseaux sociaux. Ma fille Aurélie, par sa formation et son expérience, va nous apporter cette complémentarité. Sa présence va me permettre de me recentrer vers la gestion au quotidien de la propriété où les décisions sont désormais prises en commun.