La propriété stéphanoise de la famille Lagneaux se dote d’un nouveau responsable commercial et du même coup d’un changement de style avec des visées claires et nettes pour devenir Cru Bourgeois Exceptionnel.

« Longtemps, les vins du Château Petit-Bocq étaient très élevés avec un style que l’on peut considérer comme sur-toasté mais on a changé de braquet et fait venir l’œnologue Eric Boissenot« , explique Alexis Angliviel de la Beaumelle qui est entré dans les murs du Château au mois de janvier pour le 47ème millésime de Petit-Bocq. A l’époque, au début des années 70, le domaine pesait 2 hectares pour prendre un sérieux coup de sang en 1993 avec l’acquisition du Docteur Gaëtan Lagneaux. Ce Belge avait du charisme et un goût immodéré pour le vin. De millésime en millésime, le Château Petit-Bocq s’est agrandi pour compter aujourd’hui 19 hectares (49% cabernet sauvignon, 48% merlot, 2% petit-verdot et 1% de cabernet franc). Entre-temps, le Docteur Lagneaux s’est consacré entièrement à sa nouvelle passion de vigneron et il a promu la marque en Belgique, et pas seulement… En 2003, comme une récompense, Petit-Bocq rejoint les Crus Bourgeois. Onze ans plus tard, ce Château perd prématurément son meilleur ambassadeur à l’âge de 50 ans. Depuis, le père, Jacques, et le fils de Gaëtan, Adrien, se partagent la direction.

Après 15 ans de courtage, Alexis Angliviel de la Beaumelle vient désormais les épauler avec une ambition assumée : « On travaille davantage en précision à la vigne, d’autant qu’Adrien a fait une formation de technicien, on augmente progressivement la proportion de cabernet sauvignon et on souhaite faire des vins plus faciles à boire dans leur jeunesse, d’où un élevage moins marqué et nous allons continuer à ne produire qu’un seul vin sur le domaine pour avoir un vrai effet millésime », souligne le responsable commercial. Un projet de Wine Shop est aussi dans les cartons. Petit-Bocq entame une renaissance avec notamment un vin en primeur 2018 très qualitatif, de bon augure. Il reste à attendre le classement et, en attendant, se rendre dans ce coin charmant de Saint-Estèphe où des bouteilles, mais aussi des magnums (48,50€ le 2016), sont à la disposition des amateurs. « L’idée est de se constituer un stock de vins livrables et de recevoir de plus en plus à la propriété, de montrer notre travail, c’est le sens de notre histoire », conclut Alexis Angliviel de la Beaumelle.

www.petitbocq.com