A la tête depuis vingt ans du domaine l’Ort de Soulié, Alexandre Mendoza a acquis l’an dernier le Clos du Paternel, fidèle parmi les fidèles au salon de La Rochelle. Il participe pour la première fois avec l’ensemble des vins des deux domaines minervois.

De son propre aveu, il est « parti de zéro en viticulture ». Il y a vingt ans, après des études dans le secteur de l’agro-alimentaire, Alexandre Mendoza résidait à Orléans et exerçait dans la logistique et le transport. Mais, parfois, la passion faisant faire des choses un peu folles, il décide, à l’âge de 24 ans, de devenir vigneron, encore marqué par le souvenir de ses vacances d’enfance passées au cœur des vignes de l’Hérault. Cap sur le sud, il choisit Beaufort. Aujourd’hui, il est à la tête de deux domaines du Minervois et ne regrette pas l’once d’un instant ce virage à 180°.

Se familiarisant avec le monde viticole, Alexandre Mendoza commence par se pencher sur la culture des 18 ha de vignes de l’Ort de Soulié et porte, durant trois ans, ses raisins en cave coopérative. Mais, après l’apprentissage de la vigne, franchissant une étape supplémentaire, le néo-vigneron opère un premier virage en 2002, lorsqu’il prend la décision de vinifier lui-même ses vins. Il réhabilite alors une cave voisine à l’abandon, au coeur de village de Beaufort, et construit un chai et sa propre chaîne d’embouteillage au milieu de ses vignes.

Aujourd’hui, la passion intacte, enrichie de la sérénité due à l’expérience des années, il veille sur 12 ha de vignes (9 ha en rouge, 3 ha en blanc), de 20 ans à 67 ans d’âge, cultivées avec une philosophie inspirée du bio. A partir de ce terroir, il produit une dizaine de cuvées, cinq d’assemblage en AOC Minervois (à base de grenache, syrah, carignan en rouge, et de grenache et marsanne en blanc), et quatre monocépages en IGP pays d’Oc (à base de syrah en rouge, de cinsault en rosé, et de chardonnay et viognier en blanc), mais aussi un vin de liqueur, avec une patte résolument commune pour tous les vins. « Au départ, j’étais totalement novice, je suis parti sans idées préconçues sur le style des vins que je voulais créer. Je voulais surtout faire quelque chose que j’aimais, qui me plaisait » expose le vigneron. Finalement, ses « vins plutôt corsés, avec du caractère », ont conservé cette identité initiale depuis 20 ans, et sont commercialisés dans une fourchette de prix 4 à 12€. « Et on a trouvé notre clientèle fidèle » constate Alexandre Mendoza, qui va peut-être bien conquérir de nouveaux coeurs et de nouvelles papilles en ce week-end rochelais.

Un nouveau père pour le Clos du Paternel
Après l’Ort de Soulié, c’est récemment qu’Alexandre Mendoza a franchi une étape supplémentaire dans sa vie de vigneron. Il a racheté en mars 2018, au départ en retraite de son propriétaire, le Clos du Paternel, domaine de 4 ha certifié bio. « Jean-Luc Fabrié venait embouteiller ses vins à l’Ort de Soulié, je le connais bien et je connais bien ses vins, nous avons une philosophie et un style assez proches » explique-t-il. Les quatre cuvées en rouge et blanc – à découvrir sur le salon de La Rochelle ce week-end – sont maintenues, avec en projet à court terme une refonte du packaging des étiquettes pour uniformiser l’identité visuelle de la gamme.

Par ailleurs, le propriétaire joue également la carte de l’œnotourisme depuis le départ. Il propose des visites à l’Ort de Soulié le mercredi à 18h pour faire découvrir l’histoire du domaine, la chaîne d’embouteillage et déguster les vins.