(Photo F. Hermine)
(Photo F. Hermine)

Le Vigneron Savoyard vient de créer une Scic (Société Coopérative d’Intérêt Collectif), en financement participatif, pour racheter un domaine en bio en Chautagne, au-dessus du lac du Bourget, et le confier à de jeunes vignerons.

Garder les vignerons en terre savoyarde ou en séduire de nouveaux est devenue une véritable gageure depuis quelques années. Les deux caves coopératives du Vigneron Savoyard à Apremont, au sud de Chambéry, et de Chautagne à Ruffieux, au nord, avaient déjà fusionné en 2016 pour tenter d’enrayer l’hémorragie. Une nouvelle entité, sous le nom plus facile à localiser de Vigneron Savoyard, avait vu le jour, conservant le centre de pressurage de la première, la cave de vinification et les bureaux de la seconde. La coopérative ne compte plus qu’une cinquantaine d’adhérents pour environ 160 ha dont 120 sur la Chautagne. « Nous devons faire face à de nombreux départs en retraite et aux arrêts d’activité de doubles actifs, reconnait Fabien Danjou recruté au poste de directeur au printemps dernier. Nous sommes confrontés à deux problèmes : la concurrence du gros négoce sur Apremont qui créé une forte demande et une spéculation, notamment sur les jacquères, et l’abandon des vignes sur la Chautagne, arrachées ou laissées en friche, faute de repreneurs ».

Pérenniser et préserver le vignoble savoyard

La cave a donc tenté de susciter un regain d’intérêt via une Scic, «baptisée « Les vignes des Alpes, Le vignoble coopératif », créé avec l’aide de la société Capital Citoyen. La nouvelle structure, la cinquième de ce type dans l’Hexagone, est basée sur le financement participatif avec des parts mises en vente à 500 € (défiscalisables à hauteur d’au moins 18% pour les particuliers). Elles donnent droit à 5% de rémunération par an en bouteilles assortis de tarifs préférentiels pour l’achat de vins et de propositions de participation aux principaux événements de la cave. La formule devrait permettre à la coopérative d’acheter et de restructurer avec l’aide de la Safer un domaine de 5 ha en bio qu’elle vinifie déjà au lieu-dit Les Vignes du Seigneur. « Cela permet de ne pas se tourner uniquement vers les banquiers, précise Fabien Danjoy. Le domaine serait confié à de jeunes vignerons dans un souci de pérennisation, d’ancrage sur le territoire mais également de préservation du paysage viticole ». Plusieurs collectivités locales, quelques entreprises et fournisseurs, des habitants de la région ou originaires du secteur, des amateurs de vin sensibles à la démarche ont déjà adhéré au projet. Un premier pas vers une redynamisation de la cave qui produit 8 à 10 000 hl/an à 55% rouges, 45% blancs et 5% rosés. Ils sont commercialisés principalement au caveau et via la filiale Adrien Vacher Distribution créée en partenariat avec le négociant Pierre-Henri Gaget. « C’est aussi une façon de faire connaître la cave et ses cépages spécifiques que sont la jacquère, l’altesse, la mondeuse et nos gamays atypiques de Chautagne, puissants et charpentés ».