(photos JM Brouard)
(photos JM Brouard)

Les innovations, notamment techniques, vont bon train dans le monde feutré du champagne. Mais personne n’avait encore osé se défaire de la sacro-sainte bouteille en verre. Sensorium l’a fait et c’est superbe.

Lorsque l’on connaît l’énorme pression qui se trouve dans une bouteille de champagne (6 bars c’est-à-dire 6 kilos par cm2), difficile de ne pas avoir un moment d’effroi en découvrant du champagne embouteillé dans de la porcelaine. Mais rapidement, les protagonistes de cette aventure tiennent à rassurer. De très grands nombres de tests de résistance à la pression ont été réalisés. D’ailleurs, la réglementation impose que toute bouteille de champagne puisse résister à une pression de 16 bars. Nous sommes allés bien au-delà pour garantir le même niveau de sécurité avec la porcelaine qu’avec une bouteille en verre ». Aucune inquiétude donc sur la solidité de la bouteille. D’un blanc immaculé, elle subit trois cuissons différentes à des températures très élevées (jusqu’à 1200 degrés). Curieusement d’ailleurs, la bouteille initialement moulée va se réduire progressivement à la cuisson tout en se renforçant. Au final, la bouteille s’avère parfaitement adaptée à la conservation du champagne car elle est, de surcroît, totalement opaque.

Un mariage de 2 savoir-faire

Ce projet est né il y a plus de 4 ans avec l’envie d’un entrepreneur allemand de créer un flacon qui soit totalement différent de ceux habituellement utilisés en Champagne. De là vont s’ouvrir 4 années de réflexion et de recherche pour mettre au point un mathusalem en porcelaine. Et c’est la manufacture allemande Reichenbach située à Leipzig qui, forte d’une histoire bientôt bicentenaire (elle a été créée en 1830) va réaliser cette prouesse. Avec à la clé, une nouvelle approche en termes de présentation puisque la bouteille offre une page blanche sur laquelle toutes les excentricités sont possibles. C’est ainsi que la cuvée Sensorium va se parer d’une reproduction d’une œuvre de James Rizzi, célèbre artiste pop américain aujourd’hui décédé. Et pour afficher fièrement sa différence, c’est en lettres d’or 24 carats que le nom de la cuvée est gravé. Celui-ci rappelle d’ailleurs les 120 ans de la maison Edouard Brun, autre maison familiale à l’origine du contenu. Car à bouteille d’exception, champagne d’exception. Les fondateurs de « Sensorium » se sont donc tournés vers cette entreprise plus que centenaire, propriétaire de 9,5 hectares de vignes en premiers et grands crus. Pour le lancement officiel de cette collaboration unique, seuls 299 mathusalems de la cuvée grand cru (70% chardonnay d’Avize et Cramant et 30% de pinot noir d’Aÿ) seront proposés dans un superbe coffret laqué renfermant des miroirs. Ceux-ci permettent, lorsqu’il est ouvert, de visualiser en un clin d’œil quasiment toute l’œuvre d’art reproduite sur la bouteille. 99 mathusalems d’une cuvée de rosé avec une œuvre de Rizzi retravaillée seront aussi en vente, tout comme un nombre plus conséquent de mathusalems d’une cuvée premier cru sans œuvre d’art (à dominante de 70% de pinot noir et 30% de chardonay, tous de la montagne de Reims). Mais cette révolution a un coût : 6500€ pour la cuvée classique dans ce format de 6 litres, 8000€ pour son pendant en édition limitée « artistique »…

www.champagne-sensorium.com