En mars dernier, le groupe Charlois avait édifié une tour en bois de 12m sur le parvis de l'Hôtel de Ville, point de vue idéal sur Notre-Dame.
En mars dernier, le groupe Charlois avait édifié une tour en bois de 12m sur le parvis de l'Hôtel de Ville, point de vue idéal sur Notre-Dame.

Alors que l’incendie de la cathédrale Notre-Dame à Paris a été maîtrisé, dans la nuit de lundi 15 avril, le groupe Charlois, tonnelier et premier exploitant de chêne français, se mobilise pour collecter le bois de charpente nécessaire à sa reconstruction. Ce chantier digne du temps des cathédrales, pourrait prendre des années.

On appelait sa charpente « la forêt » et c’est la destruction de ce joyau inestimable, entièrement construit en poutre de chênes datant des XIIe et XIIIe siècles, qui a motivé la décision de Sylvain Charlois. La mobilisation du patron du groupe éponyme, tonnelier et premier exploitant forestier de chêne français, a été immédiate. « Il nous a contactés hier peu avant minuit, nous signifiant son intention de fournir du bois en vue de la reconstruction de la charpente de Notre-Dame de Paris », indique le service communication du groupe, basé à Murlin, dans la Nièvre (Bourgogne).

L’incendie de la cathédrale Notre-Dame, survenu lundi 15 avril à Paris, a vu partir en fumée un patrimoine de 100 mètres de longueur, 13 mètres de largeur et 10 mètres de hauteur. La charpente datant de 1220, entièrement détruite, contenait 1300 chênes, soit plus de 21 hectares de forêts, celles de Jupilles et Tronçais, apprend-on de source sure.

Le chantier de sa reconstruction s’annonce donc titanesque et, déjà, le groupe Charlois est sur la brèche : l’inventaire des stocks disponibles est en cours, quatre acheteurs sont mobilisés pour l’achat de grumes de chêne qualité charpente. « Pour constituer un stock suffisant et digne de la cathédrale, il va falloir trouver de belles pièces de chêne, de très gros diamètres », estime Sylvain Charlois dont le groupe achète des bois sur pied à l’Organisation nationale des forêts (ONF) et à des propriétaires privés. « La gestion des forêts de chêne en France est soumise à des quotas de prélèvement. Il faudra des années pour réunir des grumiers de 150 à 200 ans et collecter des milliers de mètres cubes de bois », estime le service communication du groupe qui s’est rapproché ce matin des services des Monuments historiques pour récupérer les plans de la charpente et estimer les volumes nécessaires à sa reconstruction.

Alors que la filière bois se mobilise, Emmanuel Macron a annoncé hier soir la mise en place, dans les prochaines heures, d’une souscription nationale pour rebâtir Notre-Dame de Paris. La fondation du patrimoine initie de son côté une collecte nationale dès mardi 16 avril à midi sur le site www.fondation-patrimoine.org

Par ailleurs, les chefs d’entreprise Bernard Arnauld (groupe LVMH, N°1 du luxe) et François-Henri Pinault (société d’investissement Artemis), première et troisième fortunes de France, ont annoncé hier débloquer respectivement une enveloppe de 200 M€ et 100 M€ pour participer à la reconstruction de l’édifice religieux.