Photo JM Brouard)
Photo JM Brouard)

Ce petit objet design pourrait s’ajouter à la longue liste de gadgets sortis chaque année dans le monde du vin. Pourtant, la promesse client est cette fois-ci très forte : capter une grande majorité des sulfites contenus dans le vin.

Un adieu durable aux maux de tête ? C’est finalement ce que pourrait permettre Üllo, une sorte de petit bol doté d’un filtre en polymère ayant la propriété de capter une part importante des sulfites ajoutés par les vignerons au cours du processus de vinification. En effet, depuis des siècles, aucun produit plus puissant que les sulfites n’a été trouvé pour lutter contre l’oxydation et les bactéries qui risquent de détruire un vin. A tel point qu’il fut un temps pas si lointain où une majorité de vignerons avait la main très lourde avec ce produit, en ajoutant à la vendange, pendant la vinification et à la mise en bouteille. Résultat garanti : les vins ne risquaient plus rien, surtout pas de repartir en fermentation au cours du transport par exemple. Mais corollaire négatif de cette pratique, très largement pratiquée dans toute l’industrie agro-alimentaire pour les mêmes raisons, la sensibilisation massive et importante d’une part croissante de la population à ce produit. Un produit qui, rappelons-le, est toxique à haute dose et allergène. De nombreuses personnes ne peuvent ainsi plus boire certains vins au taux de sulfites trop importants. Et si les efforts dans la filière sont particulièrement notables en termes de réduction sensible des sulfites utilisés, les doses sont encore souvent trop élevées pour une partie des amateurs.

Une promesse de redécouverte du goût du vin

James Kornacki, le créateur d’Üllo aime à raconter qu’un membre de sa famille ne pouvait pas boire de vin à cause de sulfites. L’idée d’un outil permettant de les enlever lui serait ainsi venue. Un beau challenge pour ce jeune docteur en chimie de la prestigieuse Northwestern University aux Etats-Unis. Une présentation du projet sur la plateforme de financement participatif Kickstarter et 250 000 dollars récoltés plus tard, James créait Üllo. Grâce à un design très étudié, le dispositif peut se poser sur une carafe ou sur un verre. Le principe est alors très simple. Il suffit de verser le vin dedans. Celui-ci passe par le filtre qui retiendrait la majorité des sulfites contenus dans le vin. La promesse ? Retrouver le vrai goût du vin sans ce puissant additif pouvant en modifier également la perception. Les données chiffrées de laboratoires indépendants fournis par Üllo confirment la réduction massive des quantités de sulfites après utilisation.

Toutefois, à la dégustation sur une bouteille de Pouilly-sur-Loire, l’expérience s’est avérée tout bonnement étonnante. Versé classiquement dans un verre, le vin est objectivement très sulfité, fermé, dur et aux amers prononcés. Versé via Üllo dans un verre identique juste après, le vin offre un profil radicalement opposé. Le nez n’est plus du tout marqué par les sulfites, l’aromatique est beaucoup plus précise, exhalant des notes d’agrumes précises et surtout de nouvelles notes florales. En bouche, même surprise. Le vin est d’une rondeur très agréable, souple, bien mieux placé et presque salin. Il s’étire en outre davantage et se prolonge sur un fruité très plaisant. Voici donc un objet dont on devrait reparler beaucoup à l’avenir qui, malgré tout, coûte assez cher. Le purificateur avec 4 filtres est proposé à 79,99€. La recharge de 10 filtres coûte pour sa part 34,99€.

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