Avec un nouveau directeur général, Guillaume Deglise, tout juste arrivé il y a quatre mois et une gamme qui s’oriente résolument vers le Bio, la maison bourguignonne Albert Bichot dispose d’une très riche actualité durant le salon Vinexpo.

Deux têtes pensantes valent mieux qu’une. Au sommet de la hiérarchie de la maison Albert Bichot, auguste institution bourguignonne à l’histoire presque bicentenaire, Albéric Bichot est le dépositaire d’une histoire et d’une tradition familiale ; Guillaume Deglise, arrivé en janvier dernier au poste de directeur général après avoir assuré précédemment la direction de Vinexpo, apporte son expérience internationale et doit contribuer à tracer les perspectives de la maison pour les années et décennies à venir sur le grand théâtre de la « mondialisation du vin ». Cette mondialisation, on en distingue un aperçu assez probant sur un salon comme Vinexpo, qui réunit pendant quatre jours des opérateurs du vin venus du monde entier. Acheteurs comme exposants arpentent les allées, on y parle gamme, prix, marque, marketing, goût, développement durable, autant de sujets qu’une maison comme Albert Bichot, créée en 1831, est condamnée à empoigner.

Et justement, sur le front de l’actualité, cette édition de Vinexpo est l’occasion pour Albert Bichot (l’un des rares opérateurs bourguignons à avoir un stand au Parc Expo de Bordeaux) de présenter les évolutions les plus récentes de sa gamme. Il y a d’abord « Secret de Famille », une marque relancée en 2017 pour rebondir sur la création de l’appellation Bourgogne Côte d’Or – elle était autrefois vendue en Bourgogne générique – et dotée d’un nouvel habillage. « Cela nous permet de produire un ‘bourgogne supérieur’ avec des raisins issus exclusivement de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune », précise Guillaume Deglise. Deux cuvées, un chardonnay et un pinot noir, de jolie facture, avec un positionnement prix autour de 16 € pour environ 20 000 bouteilles produites : voilà une bonne introduction aux vins bourguignons que les amateurs peuvent aisément s’offrir.

Le bio, « une vraie conversion »

L’évolution de la gamme d’Albert Bichot, c’est aussi un développement vers le bio : en fin d’année 2018, la maison annonçait que ses domaines de Côte-d’Or et de Mercurey revendiqueront la certification bio sur leurs étiquettes à partir du millésime 2018. Cela représente au total une quarantaine d’hectares sur les 105 possédés en propre, le plus gros des surfaces (65 ha) étant localisé à Chablis – un vignoble plus difficile à faire évoluer vers une certification bio, « même si l’on s’efforce d’y tendre », précisent Albéric Bichot et Guillaume Deglise. « Le bio, c’est quinze ans de boulot », poursuit Albéric Bichot, « cela ne se décide pas comme cela, c’est une vraie conversion à tous les sens du terme. Nous sommes un vignoble septentrional, il y a de réels obstacles à surmonter pour aller vers le bio – n’oublions pas que seulement 7% du vignoble bourguignon est aujourd’hui certifié ».

Avant même de faire passer officiellement tous ses vignobles sous le label bio avec le millésime 2018, la maison Bichot a lancé une gamme de quatre vins de négoce bio sur le millésime 2017. Un bourgogne chardonnay (15 €), un hautes-côtes-de-nuits en blanc et en rouge (18 €) et un savigny-les-beaune (29 €). On aime beaucoup l’équilibre du hautes-côtes-de-nuits blanc, à la fois floral et doté d’une jolie mâche, et le parfum profond et élancé du savigny qui révèle un pinot noir frais, gourmand et salivant. Ces quatre vins à prix accessible donnent le ton d’une gamme qui est appelée à porter le label de l’agriculture biologique sur des marchés très exigeants comme les Etats-Unis ou le Japon, où les vins de Bourgogne sont déjà très prisés. Cette gamme comporte bien entendu, d’autres portes-drapeaux de grand prestige, à l’image du Château Gris Monopole « Les terrasses » 2017, rare nuits-saint-georges blanc, et du vosne-romanée 2er cru « Les Malconsorts » 2017, également présenté à Vinexpo. Une cuvée emblématique de la maison, un pinot à la fois puissant, minéral et aérien, juteux, saignant. Une beauté à 170 € prix consommateur.