(photo E. Ramousse - InterBeaujolais)
(photo E. Ramousse - InterBeaujolais)

Lors de l’assemblée générale de l’interprofession du Beaujolais, le président Dominique Piron a insisté sur la nécessité de continuer sur la lancée du développement amorcé et de la valorisation des vins de la région.

Au terme de ses deux ans de présidence, le vigneron et négociant avoue son souhait de continuer à assumer cette mission, en binôme avec David Ratignier, et de continuer à poursuivre les efforts fournis par le vignoble et l’interprofession afin de développer encore davantage les chantiers entrepris. Car, comme il le rappelle, « la concurrence des autres pays qui font des vins dans notre style, avec de la puissance commerciale est telle aujourd’hui, qu’on ne peut pas rebondir d’un claquement de doigts. Notre richesse, c’est notre diversité, et c’est aussi notre handicap, nous voulons tous protéger nos petits royaumes, nos habitudes, nous exacerbons la compétition entre régions, entre appellations, alors que les autres vignobles du monde se serrent les coudes et avancent. Il nous faut plus que jamais honorer et dynamiser ensemble deux niveaux de marques, nous devons jouer groupés. Sur les pays à fort potentiel, ce sera vital ».

Un appel visant à mobiliser les troupes, et à ne laisser aucune place au laisser-aller, via une feuille de route dans la lignée des actions déjà entreprises, et dont certaines verront leur dernier acte mis en œuvre cette année.

Ainsi en est-il du troisième et dernier volet de la stratégie de repositionnement marketing et de conquête des marchés amorcée il y a deux ans.

Après les Beaujolais de fête et les Beaujolais de caractère, ces derniers étant le support du nouveau concept de Beaujonomie, vient le temps des Beaujolais d’exception. Dominique Piron explique que l’interprofession va « écrire cet été le récit d’un marketing des vins d’exception et n’ayons pas peur de le penser et de le dire. Nous avons la ferme intention de monter sur le ring des grands rouges ».
En attendant de lire les nouvelles aventures de ces Beaujolais, la Beaujonomie prend une nouvelle forme, avec la création d’un événement « Bienvenue en Beaujonomie », qui se tiendra sur tout le vignoble le week-end du 8 et 9 juin 2019. Le principe est simple : incarner cet esprit beaujolais par le partage de moments de plaisir. Il sera ainsi possible de réserver un déjeuner et/ou dîner, dont certains seront préparés par des chefs, chez les vignerons participants, autour d’une grande tablée, moyennant une cinquantaine d’euros. Parallèlement, d’autres activités seront mises en place, en partenariat avec les offices du tourisme, comme des balades en gyropodes dans les vignes, des dégustations chez les vignerons, des concerts et séances de cinéma en plein air, etc. Les inscriptions seront possibles sur le site beaujonomie.fr dans le courant du mois de mars. On compte déjà parmi les vignerons participants le Château Thivin, le domaine Mee Godard, le domaine Piron, le château de Bellevue, et d’autres encore à venir.

Dans cette même veine, mais cette fois à destination des professionnels, des acheteurs du monde entier se rendront dans la région du 29 septembre au 1er octobre 2019. Vinexpo propose chaque année un vignoble à découvrir, et a élu le Beaujolais pour 2019. Charge à l’interprofession d’organiser la venue de ces acheteurs et de savoir les séduire.

En plus de jouer dans la cour « des grands rouges », Interbeaujolais compte bien valoriser les deux autres couleurs qui composent le camaïeu du vignoble. Les blancs et rosés sont encore trop méconnus, et il est important « de rendre sa juste place au chardonnay produit dans le Beaujolais, plutôt qu’ils aillent alimenter majoritairement les crémants ou Bourgogne génériques ». Une stratégie spécifique à ces vins verra le jour au printemps.

Mais toutes ces opérations de valorisation et de promotion ne pourraient aboutir sans un travail sur l’élaboration du vin lui-même. La montée en puissance des bonnes pratiques, aussi bien à la vigne qu’au chai, reste donc un axe fondamental. Ainsi, le développement des formations notamment pour accéder à une viticulture plus durable sera encore soutenue, notamment avec les labels HVE (haute valeur environnementale) et RSE (responsabilité sociale des entreprises).

Conscients des enjeux qui attendent le vignoble, les membres de l’Interprofession en appellent à un investissement collectif toujours plus grand, et à un effort à poursuivre de façon continue. Les appellations disposeront d’une grande liberté dans la mise en place d’opérations de communication et de promotion, et sont encouragées à poursuivre le travail déjà effectué, comme par exemple à Brouilly ou Moulin-à-Vent.

En plus de la reconquête de sa valeur, le vignoble doit faire face à des enjeux structuraux : « les 5 à 15 ans qui viennent vont être historiques dans beaucoup de vignobles par l’absence fréquente de transmission familiale. L’objectif est d’avoir un bon équilibre entre des entreprises de tailles différentes, donner des possibilités aux jeunes et aux reconversions, pendant 3 ou 4 ans pour prendre leur envol ensuite ».

Renouveau, reconquête, développement et progression : tels sont les maîtres mots du Beaujolais en 2019.