(photo F. Hermine)
(photo F. Hermine)

Pour faire le lien entre les cultures française et portugaise et les vins portugais, le Sofitel de Lisbonne a initié depuis quelques années les Wine Days, un concept qui n’a cessé de monter en puissance, décliné dans les établissements du monde entier les semaines suivant les vendanges.

A cette occasion, Lisbonne, en collaboration avec les grands sommeliers locaux, n’a de cesse de faire découvrir les vins du cru avec des formules d’alliances mets-vins sur un menu à 60€, à compléter avec 3 verres de vin pour 15€, 5 verres pour 25€. « Cela permet de faire découvrir sur les fruits de mer des alvarinhos blancs du Vinho Verde et les blancs des petits producteurs de Setubal près de Lisbonne, précise Mayka Rodriguez, la directrice de l’hôtel qui affiche près de 150 références à la carte dont 80% du Portugal. Nous proposons nos rouges assez puissants sur les viandes et nous faisons déguster quelques rosés et effervescents portugais encore anecdotiques » Pendant cette période de fin septembre à mi-novembre, des événements de « wine tasting » sont organisées au bar pour une initiation aux différentes régions portugaises (une trentaine au total) avec une formule originale « That wine is so you » (ce vin est tellement vous). A chaque consommateur de choisir un adjectif associé à un vin (intense, exubérant, optimiste…) en fonction de l’humeur du moment. « Un apprentissage ludique et trendy au restaurant pour une clientèle aussi bien locale qu’internationale – nous sommes en plein centre-ville avenue de la Liberdade – Comme les Wine Days, ces opérations remportent un franc succès le midi et le week-end car les lisboètes n’habitent plus en ville et rentrent le soir en banlieue avec beaucoup de temps de transport. Et il n’y a pas encore de mode de l’afterwork au Portugal ».

Un marché rouge et blanc

La production portugaise avoisine les 660 M l. par an dont 12% de portos, muscats et madères. Si les ventes de portos sont stables hormis les catégories spéciales en croissance, elles portent toujours les exportations, notamment en valeur (40%). Mais la production des vins tranquilles croit de 8 à 10% par an et tend à rattraper les vins de liqueur sur les exportations. Elle est surtout en rouge et blanc, plus de 60% en rouge, un tiers de blancs et quelques pour-cents de rosés qui restent marginaux « car ils ne sont pas encore au niveau des rosés français reconnait le producteur Thomaz De Lima Meyer. Mais on s’y emploie en limitant les rendements, en contrôlant l’irrigation, en rentrant des raisins à froid et en vinifiant à basse température après des pressurages de quelques heures, ne serait-ce que pour obtenir des rosés clairs qui sont aussi tendance ici ».

Le vin au verre tend également à se développer grâce à une campagne pendant trois de ViniPortugal, l’organisme chargé de la promotion et de la communication des vins portugais. Elle a été de surcroit associée à des programmes de formations pour les professionnels. Si les exportations de vins portugais se développent fortement, la France n’est pas un débouché majeur pour le 11ème producteur de vin mondial, contrairement au porto pour lequel elle reste le premier marché en volume. Les vins portugais, surtout les rouges, partent plutôt vers les Etats-Unis, la Chine, le Brésil, l’Angola, la Grande-Bretagne, la Scandinavie… « Le marché français n’est pas facile car c’est un pays producteur et qui n’a pas une bonne image des vins portugais par l’ancienne génération d’immigrés qui buvaient des vins de mauvaise qualité, reconnait Jorge Monteiro, président des Vins du Portugal. La jeune génération devrait nous aider à changer cette perception, la hausse de la qualité aussi ». Tout comme certains producteurs français comme Roger Zannier du château Saint Maur, Bernard Magrez, et bientôt Valérie Rousselle de Roubine, Baron Philippe de Rothschild qui commencent à s’intéresser au vignoble portugais. C’est un signe du potentiel du vignoble.