(Photo JC Gutner)
(Photo JC Gutner)

Le val de Loire fait partie de ses régions qualifiées de haut potentiel, mais pas toujours au centre des connaissances classiques et des consommations habituelles. Mais les choses changeant, et les goûts évoluant, certains vignobles septentrionaux sont en passe de retrouver une place au soleil amplement méritée. Illustration à Wine Paris.

Parfois lassée du chardonnay, en recherche de vins buvables et digestes, tant au niveau du palais que du porte-monnaie, la consommation mondiale est en train de virer de bord sur les vins blancs, délaissant les charnus pour les plus tendus, avec une acidité plus marquée et une emprise gustative plus en légèreté.
Le chenin, cépage blanc très majoritairement cultivé en Val de Loire, et d’une autre manière en Afrique du Sud, trouve ainsi un nouveau terrain de conquête.

Les exportations, notamment vers les Etats-Unis, ont explosé avec une progression d’un tiers en seulement cinq ans, et doublé en volume et triplé en valeur sur les dix dernières années. Les producteurs ligériens constatent, notamment en ce moment à Wine Paris, des visites plus nombreuses d’acheteurs internationaux, notamment des Danois, Japonais, etc.

Cette tendance de consommation a donc naturellement alimenté l’envie déjà existante de vignerons d’Anjou et Saumur de se fédérer autour du chenin, non seulement dans le but de valoriser leur cépage, riche d’une diversité sans pareille, mais aussi d’augmenter leur puissance commerciale.

En plus d’être cultivé de manière artisanale en France, si l’on compare à la production sud-africaine, le chenin a cette particularité d’être particulièrement diversifié : que ce soit en version effervescente, en vin sec ou en vin moelleux, sa palette d’expression ne lasse pas.
L’empreinte du terroir est évidente et fait du chenin un vecteur privilégié de cette expression géologique : en témoigne l’exemple, parmi tant d’autres, du domaine de Rocheville, dont le dirigeant Philippe Porché chapeaute le syndicat des vins du Saumurois, à l’initiative de la création du « Groupe chenin ».

« La Favorite » est le crémant du domaine, livrant un chenin vif mais tout en fruit, charmant à la bulle fine et rafraîchissante, pour un prix compétitif par rapport au champagne au regard du plaisir que l’on en retire (16,50€). Un extra-brut tout en séduction.

La diversité du chenin permet non seulement de séduire les jeunes amateurs de vin comme les plus aguerris, qui peuvent se laisser surprendre d’un terroir à l’autre sans jamais faire le tour des ressources de ce cépage : le Clos de Brézé, en appellation Saumur, donnera des vins tendus, salins et salivants, vibrants, là où des parcelles comme la Côte de Parnay (toujours en appellation Saumur), livreront un vin plus ample et plus rond, tout en conservant cette trame acide. Le domaine de Rocheville exploite ces deux expressions de terroir à merveille, pour environ 19€ : la Dame de Parnay versus le Clos de Brézé, pour des plaisirs et des accords mets-vins différents. Si l’on prend la Saint-Jacques, on la dégustera plutôt snackée en compagnie de la Dame, et plutôt en carpaccio avec le Clos de Brézé.
Les Chefs et le monde de la gastronomie sont depuis longtemps des « fan de chenins », mouvement officiellement crée par le groupe des vignerons d’Anjou et de Saumur, que l’on peut désormais suivre sur Facebook.

Le syndicat des vins du Saumurois poursuit son action valorisante et fédératrice au sein du vignoble : après avoir identifié les consommateurs et leur avoir envoyé un message fort, viendra le temps dès ce printemps de la concrétisation notamment via l’événementiel, comme notamment le congrès international du chenin, prévu pour les 1er, 2 et 3 juillet 2019 à Angers, proposant visites, conférences et dégustations.