Les jeunes agriculteurs étaient conviés à Saint-Mont, jeudi dernier, dans le cadre de la journée départementale du renouvellement des générations en agriculture.
Yves Barbaste, directeur de l'Association départementale pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles (Adasea), a débuté cette réunion en donnant quelques chiffres : au 1er janvier 2009, le Gers arrive en deuxième position en Midi-Pyrénées après l'Ariège, avec près de 7 000 exploitants et une moyenne de 200 agriculteurs par canton. En 2009, le département a compté 153 affiliations à la MSA et 385 radiations.
L'accent a ensuite été mis sur les actions menées par les Producteurs Plaimont dans le cadre de l'installation-transmission. Marie-Christine Dupuy, directrice administrative et financière, rappelait qu'une commission de jeunes agriculteurs siège au sein de leur conseil d'administration pour servir de relais, informer, et accompagner la transmission. Dans ce but, le groupe Plaimont a instauré un bail tripartite de 25 ans entre le bailleur, le repreneur et les caves.
Un argument très fort
Ce dont pouvaient témoigner, lors de cette réunion, deux exploitants ayant bénéficié de ce système. « Arrivé à l'âge de la retraite, mon jeune voisin est venu me voir sachant que mon exploitation se libérait, expliquait Christian Capmartin. Je me suis donc tourné vers cette formule qui sécurise le bailleur, puisqu'au bout de 25 ans il peut récupérer son bien. L'exploitation peut ainsi revenir dans le cadre familial. Après avoir retourné sa terre pendant près de 40 ans, on en est presque devenu amoureux... et la laisser à un inconnu, cela fait mal. Pouvoir choisir son successeur est un plus. » « J'ai opté pour ce bail de 25 ans car une telle durée permet des investissements, poursuivait le repreneur, Loïc Lebranchu, ingénieur agronome et oenologue. C'est un argument très fort auprès des banques car ce bail évite de mobiliser des capitaux. Il aurait fallu investir près de 400 000 euros, rien que pour le foncier, sans parler du matériel, du rachat des parts sociales et de la trésorerie. »
Miguel Aguirre, du lycée agri-viticole de Riscle, a pour sa part insisté sur le lien entre enseignement et professionnalisation. Un BTS viticulture-oenologie en alternance a été ouvert à la rentrée 2008 et compte sept élèves pour la première promotion et douze actuellement. Pour Miguel Aguirre, il faut se défaire de cette image qui colle parfois aux agriculteurs : « De nos jours les jeunes sont de plus en plus diplômés, même pour bouger des tuyaux. »