Trois médailles en trois ans au Concours général agricole du Salon de l'agriculture de Paris. Une d'argent et deux en or : un beau palmarès obtenu grâce à son vin rosé par la cave coopérative . Le dicton - « la valeur n'attend pas le nombre des années » - semble très bien lui aller, car sa production est, somme toute, relativement récente. « Nous avons commencé avec le millésime 2006 que nous n'avions pas présenté en concours à cause de volumes restreints », rappelle le président, Christophe Dulac.
En effet, sans être confidentielle, la production tournait autour de quelques dizaines d'hectolitres seulement. Une demande croissante et un directeur oenologue, Frédéric Desportes, qui excelle dans l'élaboration des vins blancs, ont poussé la cave à franchir le pas.
Dès la première année, le produit est apprécié. La suivante va voir la production s'accroître. « Nous avons fait environ 400 hectos en 2007, pour arriver au double pour le 2009. C'est-à-dire celui qui vient d'être primé la semaine dernière », poursuit Christophe Dulac.
Fraîcheur de fruit
Un succès qui ne doit rien au hasard comme il l'explique. « Si nous avons décroché l'argent et l'or trois années de suite, c'est tout d'abord grâce à Frédéric Desportes, car le rosé est un vin très technique. Comme les blancs. Ensuite viennent le choix des cépages, la sélection des parcelles, un matériel performant sans quoi on ne peut rien faire de bien et des producteurs qui jouent le jeu. »
Résultat, un vin qui plaît tant aux dégustateurs qu'aux clients. « Il se caractérise par beaucoup de fraîcheur, de fruit, d'arômes, décrit Frédéric Desportes. Sa robe saumon de l'Atlantique correspond bien au rosé que l'on produit à Bordeaux. C'est un rosé de pressée et non de saignée. C'est-à-dire que les grappes de cabernet franc et sauvignon, à partir desquels il est produit, sont pressées à la manière d'un vin blanc, puis mis en fermentation. Quant à ces deux cépages, c'est un choix délibéré afin d'être plus représentatif de Bordeaux. »
Un plus financier
Si cette troisième récompense peut être perçue comme le couronnement du travail bien fait et le témoignage d'une démarche qui ne doit rien au hasard, c'est également un plus sur le plan financier. Ce qui ne gâche rien en ces temps de vaches maigres que traverse la viticulture.
« Ça se vend mieux, plus vite et surtout plus cher. Déjà sans être médaillé, le rosé se négocie plus cher que le bordeaux rouge. Alors, quand il a une médaille, il ne reste pas longtemps dans le chai et il part à un bon prix », ajoute le président Dulac, qui avoue que l'objectif est d'essayer de décrocher une nouvelle médaille l'an prochain. « Et en or tant qu'à faire ».