Les grands salons comme Vinisud, sont souvent l’occasion d’évènements exceptionnels pour les vignerons alentours. C’est le cas ce 17 février pour le Mas de Daumas Gassac, qui convie une poignée de journalistes à déguster une verticale de vins blancs. 23 millésimes. En 2007, j’avais eu la chance de participer à première édition, voici donc la deuxième, pleine de surprises et de rebondissements. Ci joint mon quinté, l’intégralité d’ici peu dans le magazine.
L’histoire du blanc chez Daumas Gassac, c’est l’histoire d’une famille érudite et avide de voyages : Véronique et Aimé Guibert avaient en effet l’habitude de ramener dans leur « ferme » de la vallée du Gassac, des cépages glanés au fil de leurs périples. Si viognier, petit manseng, chardonnay et chenin blanc forment plus de 80% de l’assemblage (soit deux oxydatifs et deux réductifs), on y goûte aussi, bourboulenc, marsanne, roussane, muscat petit grain et d’Alexandrie, sémillon et gros manseng, puis, plus exotiques et plus rares, petit courbu, muscat Ottonel, Neherleschol (Israel), Petite Arvine, Amigne (Suisse) , Sercial de Madère, Khondorni, Tchilar (Arménie), Albarino (Espagne), Falanghina, Fiano, Grechetto (Italie).
A noter également qu’à partir du millésime 2000, les vins n’ont plus été élevés sous bois.

2017 : robe claire, très brillante, le nez annonce une belle maturité, très fruitée, fleur d’acacia, pomme très mûre, coing, la surprise vient un bouche avec une attaque acidulée, franche, très gourmande, matière opulente, équilibre intéressant et longue finale minérale et fruitée. 18/20, à garder.

2016 : servi un peu froid, nez de coing frais, on sent tout de suite qu’il y a plus de viognier et un peu plus d’alcool, attaque plus sucrée et texture plus fine, crayeux, élancé, finale légèrement plus saline et un brin poivre blanc. 17,5/20 à garder.

2014 : robe encore claire et étincelante, bouche tendre et salivante même si elle n’est pas marquée par tel ou tel arôme, car tout y est délicat, une palette plutôt anisée, très belle intégration de l’alcool qu’on ne sent pratiquement pas, moins d’acidité mais une minéralité très fine, de l’élégance et une très grande richesse qui donne des envies de cuisine (langoustine à la crème). 18/20, à boire et à garder.

2004 : robe vieil or à reflet cognac, l’année avec la plus forte proportion de petit manseng, 39%, nez frais, peu marqué par l’évolution, vin très caressant, très aimable, gourmand, confit, beaucoup de fruits secs et poire tapée, des saveurs exotiques douces, un peu de sucrosité en balance d’un côté acidulé, matière légèrement onctueuse, un fil minéral, de ravissants amers, complet (et je l’ai bu). 19/20, à boire.

2000 : robe ambrée, attaque douce, comme tout le déroulé sur des saveurs de fruits blancs secs, de miel noir, un brin de tabac blond, de toffee, c’est néanmoins très bon, très savoureux, complexe, minéral, donne des envies de cuisine (morilles), un vin de causerie, pour prendre le temps, caressant, salivant, subtil. 18/20, à boire.