(Photo archives AFP)
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A la lumière de tout ce qui s’est dit, redit, écrit et réécrit cette semaine à propos du Beaujolais Nouveau, certains faits sont désormais considérés comme acquis (ou presque) : le Beaujolais Nouveau, c’est du vin, qui peut être bon, voire très bon, et qui peut présenter plusieurs profils – plus ou moins structurés, plus ou moins « glouglous », plus ou moins fruités, plus ou moins complexes.

A tous ces titres, le primeur mérite aussi que l’on se penche sur ses aptitudes en termes d’accord mets et vins : avec quoi peut-on bien boire un vin réputé pour n’étancher que la soif, et non pas les palais avides de gastronomie ?

Le dénominateur commun de tous les Nouveaux est leur structure reposant sur des tanins fins, sauf exception, et une aromatique qui se décline autour des fruits rouges, des fleurs blanches et des épices.

Le sommelier Fabrizio Bucella déclarait, auprès de nos confrères du Huffington Post en 2012, que « le Beaujolais Nouveau est un vin blanc déguisé en vin rouge ».

Ce qui n’est pas faux, comme dirait un chevalier célèbre d’une série non moins célèbre (tournée d’ailleurs dans le Beaujolais, au Château de Montmelas), et qui donne de nombreuses pistes d’accord.
Autrement dit, très schématiquement, les accords fonctionnant avec les structures des vins blancs seront également parfaits avec les Beaujolais Nouveaux (les vins blancs structurés et dotés de gras et de rondeur ne sont pas inclus dans le comparatif…).

Des plats quotidiens aux mets gastronomiques

L’accord avec les poissons se montrera particulièrement réussi, et pourra même supporter une sauce un peu grasse ou crémeuse, l’acidité naturelle du gamay permettant de contrebalancer les textures riches. Sans compte qu’il est toujours délicieux de faire un délicat pied-de-nez aux traditions dont on peine à se souvenir du bien-fondé : les poissons ont le droit de se marier et de faire de belles unions avec autres choses que des vins rouges…

Pour le chef étoilé Christian Têtedoie, à Lyon, le Beaujolais Nouveau, de nature à donner « un plaisir immédiat, de par son joli nez, une belle puissance et un côté fruité très agréable », s’accorderait par exemple magnifiquement bien avec un turbot aux asperges et aux morilles. En attendant le printemps, et pour se faire plaisir avec des plats plus simples et quotidiens, suivons les conseils de son fils, Jean-François Têtedoie, grand fan du Beaujolais et des produits locaux de manière générale, fondateur des bien-nommés Café Terroir et Cave du Café Terroir dans le centre de Lyon, avec son associé Lemmy Brou, et marions-le avec un jambon persillé ou une terrine de campagne (foie de volaille, cochon et volaille), mais aussi à « n’importe quel moment, avec les copains. Je l’aime aussi simplement avec un saucisson bien sec à l’apéro ! »

Toutes les spécialités charcutières et volaillères, ainsi que les viandes blanches, seront en effet des partenaires de choix pour le Beaujolais Nouveau.

Même chose avec le fromage : traditionnellement associé aux vins rouges, on oublie trop souvent à quel point il fait la paire avec le vin blanc, et donc aussi les vins rouges aux tanins fins et au corps subtil. De préférence à pâte dure, comme le Comté ou le Beaufort, mais aussi avec des fromages de chèvre, ou encore des fromages crémeux mais au goût subtil, tel que le Brillat-Savarin.

A boire et à manger

Et si vous aimez vraiment le nouveau, vous pouvez le boire et le manger en même temps (selon l’une des règles classiques des accords mets et vins : le vin ayant servi à la préparation d’un plat se mariera très bien avec ledit plat, règle que l’on peut compléter avec celle de la provenance commune des produits). Le saucisson lyonnais fera donc un très bon partenaire : après avoir été poché avec du Nouveau (une bouteille pour un saucisson à cuire de 500 grammes), puis lié avec un roux pour créer la sauce accompagnant le plat, le même vin servi cette fois dans le verre fera un bel écho.
Les fêtes approchant, les classiques huîtres peuvent être twistées en les préparant chaudes, aux échalotes et au vin rouge.

Enfin, les poires pochées au Beaujolais sublimeront les saveurs des unes et de l’autre : leurs arômes fruités se répondront tandis que les notes épicées du gamay relèveront subtilement le goût de la poire.

Plus d’idées recettes vous attendent sur le site du Beaujolais Nouveau.

– Têtedoie, 4 rue professeur Pierre Marion, 69005 Lyon
– Café Terroir et La Cave du Café Terroir, 14 rue d’Amboise, 69002 Lyon et 5 rue Montcharmont 69002 Lyon