Septembre à tous prix
C’est désormais ancré dans la société française et les modes de consommation. Après les soldes, revoilà les soldes ! Celles du rayon vin. A la rentrée des classes et l’inscription aux associations, s’ajoute un autre sport cette année trentenaire, lancé sur une idée de génie de Leclerc : celui du marathon des GMS, ces grandes et moyennes surfaces qui depuis quelques jours inondent vos boîtes à lettres de catalogues. Quelle enseigne choisir ? Quelle bouteille rapporter ? Car le grand bourgogne à prix attractif reste souvent la perle dans un océan de naissains. Qui ne s’est jamais rué le premier jour dans un hyper en quête d’un grand cru pour découvrir, dépité, la rupture de stock du Graal espéré ? Cette année encore, « Terre de vins » entend vous servir de GPS grâce au travail de « défricheurs » et d’experts réalisé par nos dégustateurs, conduits par Michel Bettane et Thierry Desseauve. Par grandes régions viticoles, puis par notes et par prix, vous trouverez aisément dans ce numéro les vins qui correspondent à vos envies et votre budget. Un excellent pessac-léognan à moins de 20 € dans lequel investir sans risque ? Fieuzal 2008, qui fait la couverture de votre magazine (18,90 €). Un grand médoc dans le même budget ? Cantemerle (17,50 €). Un blanc talentueux à moins de 10 € ? Marjosse (8,90 €). Si les Foires aux vins ouvrent un boulevard aux bordeaux, qui représentent à eux seuls 40 % des quelque 50 millions de litres AOC vendus durant cette période et surtout 50 % des 300 millions d’euros dépensés, il sera possible de réaliser de bonnes affaires dans toutes les appellations : en Languedoc (Les Ollieux Romanis, 3,95 €), Prieuré Saint Jean de Bébian (21,95 €)…, en Roussillon, en Provence, en Loire, en Bourgogne… Ces Foires aux vins marqueront une opportunité que 2011 n’offrira pas. Faut-il rappeler la flambée des prix sur le millésime 2009 qui sera dans les linéaires l’année prochaine ? Faut-il rappeler la déraison qui s’est emparée des grands crus classés du Médoc ? Chateau Lafite-Rothschild 2009 en primeurs, actuellement en vente à 1100 € la bouteille sur les sites de référence et château Margaux 2009 à 1050 € ? La spéculation sur ce marché aux pépites, et l’argent, aujourd’hui rémanent lorsqu’il s’agit de parler du vin, en font oublier l’essentiel : le terroir. Dans une émission projetée le 1er août dernier sur M6 et consacrée aux Baux de Provence, le vin ne fut abordé qu’au travers des euros sonnants, trébuchants et, disons-le, vulgaires: Johnny Depp aurait déboursé 20 000 € pour un Petrus 47 à l’Oustau de Baumanière. La belle affaire ! Tout près de là, entre Saint-Rémy de Provence, les Baux et Maussanne- les-Alpilles, dans ce triangle d’or, des vignerons produisent du bonheur en bouteilles à des prix abordables (lire pages 88 à 96). De ceux là, personne ne parle vraiment. C’est sur ces chemins de traverse que « Terre de vins » entend vous conduire, à l’aube de cet automne. C’est peut-être pour cette raison que vous êtes chaque mois plus nombreux à nous lire. Depuis un an maintenant, dans cette édition nationale, également distribuée en Belgique, Suisse, Luxembourg et Canada, numéro après numéro, nous tentons de vous servir en parlant de tous les vins, sans exception, mais avant tout des vins que nous pourrons acheter et que nous pourrons boire. Ensemble. Merci de votre fidélité.
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