Un bar à vin épinglé pour une dégustation sans autorisation

TerreDeVins |  13 Février 2013

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bubaravin

Le Bu, bar à vins bordelais, a été épinglé par la police durant l’opération “Blaye au Comptoir” pour avoir fait déguster des vins de Blaye sans restauration…

Pascal Druard n’est pas content. Enfin, il ne l’était pas vendredi soir dernier, après s’être fait épingler par les policiers de la brigade des débits de boisson de la Sûreté départementale. Ils lui ont reproché d’avoir servi tardivement et gratuitement dans son restaurant des verres de vin sans y être autorisé.

Le Bu, bar à vins participait comme cinquante autres établissements de Bordeaux à l’opération Blaye au comptoir. Une manifestation organisée depuis six ans par le Syndicat des Blaye Côtes de Bordeaux avec un principe simple : durant deux jours, un viticulteur installe ses quartiers dans un établissement désigné et fait déguster les vins de l’appellation à ceux qui le souhaitent.

Ouvert depuis mai 2011, rue du Pas-Saint-Georges, en plein cœur de Bordeaux, le Bu s’est associé dès l’année suivante à l’opération.

Accompagné d’un repas

Vendredi soir, il n’était pas particulièrement dans la cible des policiers de la brigade des débits de boisson, qui effectuaient comme chaque soir leur ronde de routine.

Ils sont rentrés là comme ils l’ont fait dans d’autres bars et restaurants pour s’assurer que tout était en ordre. Mais à 23 h 30, des clients buvaient des verres de vin au comptoir. Or le Bu dispose d’une licence grande restauration qui lui impose de ne servir de vin qu’accompagné d’un repas.

Gérant des lieux, Pascal Druard s’est vu remettre une convocation au commissariat de police pour lundi matin. Ce qui l’a mis, il en convient, de mauvaise humeur. Il s’en est aussitôt ouvert sur Facebook.

Presque aussitôt, le président de l’appellation, Franck Jullion, a reçu une alerte sur son smartphone, comme à chaque fois que Blaye Côtes de Bordeaux est évoqué sur Internet. « Nous nous sommes tout de suite rendus sur place. Depuis, on fait des vérifications, mais je ne pense pas que nous soyons hors la loi ici. Sinon, ça va faire jurisprudence et soulever beaucoup de problèmes. »

Une autorisation nécessaire

On n’en est pas là. Le Bu avait simplement omis de demander à la mairie l’autorisation temporaire de pouvoir servir du vin sans manger à l’occasion de Blaye au comptoir. Ce que, semble-t-il, bien d’autres établissements n’ont pas fait. « Je ne savais même pas qu’il y avait une autorisation à demander, confie Pascal Druard. Il s’agissait seulement de déguster du vin. Je sais que les policiers n’ont fait que leur boulot. Mais de notre côté, on ne faisait que s’associer à Blaye Côtes de Bordeaux dans le cadre d’une opération festive avec la présence d’un vigneron. »

À l’issue de son audition à l’hôtel de police, lundi matin, la brigade des débits de boisson a transmis, comme le veut la procédure, le dossier au parquet. C’est lui qui décidera des suites à donner à cette affaire qui rappelle que, même à Bordeaux, la sévère législation sur les alcools s’applique et que c’est notamment le rôle de la brigade des débits de boisson de s’assurer qu’elle est respectée.

Pour Pascal Druard, qui l’a écrit sur Facebook, comme pour beaucoup d’hommes et de femmes passionnés par le vin, la dégustation ne s’apparente pas à une consommation massive. L’an prochain sans doute, le gérant du Bu n’oubliera pas de solliciter la ville de Bordeaux pour pouvoir s’associer à l’opération Blaye au comptoir sans le moindre souci.

Jean-Pierre Tamisier

Commentaires 6

  1. Edouard
    13/02/2013 | 14 h 02 min
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    c’est pourtant la moindre des choses à savoir quand on sert de l’alcool dans un établissement qui travaille sous licence restauration… Il n’y a rien de d’étonnant à mon sens.

  2. BaravinBU
    13/02/2013 | 14 h 56 min
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    Bonjour Edouard.
    Je conteste quelque peu l’entame de l’article : on ne s’est pas fait épinglé pour “avoir fait déguster des vins de Blaye sans restauration” mais pour avoir fait déguster des vins de Blaye gratuitement. Le PV est très clair là dessus, et je vous assure être très vigilant et responsable.
    La partie “restauration vs vin” est un autre volet de ce qui nous est reproché, mais n’est pas abordé dans l’article. Nous faisons de la restauration, et ce soir là comme les autres nous avons servis des dizaines d’entrecôtes et côtes de boeuf. Ce qui m’a été reproché sur ce point c’est … de ne pas avoir laissé les “preuves visibles” les assiettes vides sur les tables lorsqu’un client avait toujours un verre avec un peu de vin (sic) ! J’ai beau avoir montré la caisse enregistreuse avec les plats sur chacune des tables, avec la répartition TVA 7% (miam) et 19,6% (vin) qui montre clairement que nous faisons plus de CA en nourriture qu’en vin, rien n’y a fait …

    Sur l’autre point à savoir la dégustation gratuite, ce que ne dit pas l’article mais qu’estime le journaliste avec qui je me suis entretenu et qui a fait jouer ses contacts, l’illégalité de cette dégustation n’est pas avérée, heureusement puisque la loi nous y autorise ! Mais pour ne pas “perdre la face” ils ressortent une autorisation qu’il nous faudrait demander en mairie pour ce type de dégustation. C’est inscrit dans la loi que c’est autorisé, mais … il faut quand même demander la permission ;)

    Je trouve qu’il y a danger pour nous tous restaurateurs, bars à vins et même contributeurs aux dégustations (vignerons, syndicats viticoles, …). Sur les 40 et quelques établissements participant à l’opération, combien étaient au courant ? Combien l’ont fait ? Le syndicat de Blaye organise cette manifestation depuis 6 ans sur Bordeaux et plus encore sur Paris, et JAMAIS personne ne les a informés qu’il fallait une autorisation, et donc … personne n’en n’a fait la demande :)
    Dorénavant, je vais demander systématiquement des autorisations en mairie pour toutes les dégustations lors desquelles les vignerons vont présenter leurs vins. Ou alors je les feraient payantes, c’est navrant.
    Mais bon, ce n’est pas non plus l’affaire du siècle, attendons patiemment le verdict …
    On est tous dans le même panier, bar à vins, restaurants, cavistes, vignerons, … mais gardons-nous bien qu’il ne soit “à salade”.
    Pascal

  3. TerreDeVins
    13/02/2013 | 15 h 14 min
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    Merci pour votre témoignage, nous nous permettons de le reprendre tel quel sur notre page Facebook à l’attention de nos abonnés.

  4. Cécilia
    13/02/2013 | 16 h 39 min
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    Bonjour,

    Gérante du bar à vin La Part des Anges, rue des piliers de tutelle, j’ai également fait face à non pas une mais deux convocations à 15 jours d’intervalle par cette même brigade.
    Lors de ma première convocation je suis restée 1 heure pour remettre le kbis, carte d’identité et licence.
    Lors de ma deuxième convocation je suis restée plus de deux heures pour remettre le kbis, carte d’identité et licence.

    Puis quelques jours plus tard cette même brigade me rappelle pour que je leur scanne mon kbis, pièce d’identité et licence car le policier ne les trouvait pas dans son fichier.

    Alors, les policiers font en effet leur travail toutefois il y a parfois des abus. Je pense qu’au lieu de “s’attaquer” et tenter de décourager les “petits” ils ferraient bien de contrôler ceux qui font réellement et volontairement des écarts à la loi et aux réglementations. Car il ne faut pas oublier que nous aussi nous faisons notre travail.

    Peux être faudrait il revoir les lois en différenciant les bars des bars à vin et des restaurants.

    Cécilia

  5. TerreDeVins
    13/02/2013 | 17 h 10 min
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    Merci, nous nous sommes également permis de reprendre votre commentaire sur notre page Facebook à l’attention de tous nos internautes.

  6. [...] en soit, selon le gérant du bar qui a laissé un commentaire sur les sites de Sud Ouest et de Terre de Vins qui ont relayé l’affaire ainsi que sur Facebook,  « il est inscrit dans la loi que les [...]

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