Basile Tesseron, propriétaire du Château Lafon-Rochet (4ème Grand Cru Classé), prend la présidence du Syndicat Viticole de Saint-Estèphe. Il succède à Bernard Audoy et nous délivre quelques projets.

Qu’est-ce qui a déterminé la décision de vous impliquer de la sorte pour l’appellation ?
C’est une très bonne question, mais les réponses sont nombreuses et pas nécessairement liées les unes aux autres. Déjà en observant et discutant avec Bernard Audoy, j’ai compris que le président était central, mais tout comme un capitaine d’équipe de foot, il n’est pas décisif. C’est l’équipe qui l’entoure qui fait le jeu. Et les membres du bureau, Véronique Dausse (Phelan Ségur), Christophe Anney (Tour des Termes), Vincent Ginestet (Domeyne), Pierre Braquessac (Beau Site Haut Vignoble), Jean-François Delon (Ségur de Cabanac), Bernard Estager (Coutelin Merville) et Bernard Audoy (Cos Labory) qui reste parmi nous, sont de solides appuis ainsi que de précieux atouts pour les défis à venir. Il ne faut pas aussi oublier que la Maison du Vin de Saint-Estèphe est aujourd’hui gérée au jour le jour par une personne de grande qualité qu’est Carine Frugier, dont les qualités de gestion, d’administration et d’accueil font d’elle un des piliers de notre appellation. Alors quand l’occasion s’est présentée, je me suis dit, “pourquoi pas ?”. J’aime cette appellation, j’aime cette région, j’y suis heureux alors donner du temps pour ces vins est un honneur autant qu’un bonheur.

Quels sont les projets en cours et ceux à venir ?
Il y a la réhabilitation de la Maison du Vin qui, avec la boucherie de Monsieur Pigout, l’église et le café K’tea sont les principaux attraits du centre du village. Ce projet a été lancé par l’ancien bureau, c’est audacieux et cela va être magnifique. Et après on verra, mais je suis bien certain que les dossiers seront aussi nombreux que variés, c’est un peu tôt pour en parler.

Quel regard portez-vous sur le travail de Bernard Audoy, votre prédécesseur ?
Cela fait plus de dix ans que je travaille à Saint-Estèphe et si il y a bien une appellation qui ne cesse de progresser en notoriété c’est bien celle-ci. Cette réussite est autant liée à la progression des crus, qu’à Bernard qui a su parfaitement faire en sorte que notre appellation garde cet esprit familial, uni et sympathique tout en connaissant de profondes modifications ainsi que l’apparition de nouveaux propriétaires un peu plus fortunés que nos familles médocaines historiques. Aussi, je connais peu, voire aucun président d’appellation qui fasse l’unanimité, et ce fut le cas de Bernard, c’est un exemple que je vais tenter de suivre. Je ne vous parle pas non plus des très nombreuses manifestations auxquelles nous avons participé ensemble en France comme ailleurs. Nos vignobles sont voisins et nos tables de dégustations aussi, alors forcément les liens se sont naturellement tissés. Entre deux rigolades, notre principal sujet de conversation a toujours été Saint-Estèphe.